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Karine
Baillet
du Touquet
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Karine
Baillet est une sportive reconnue dans la région,
hyperactive dans le bon sens du terme : professeur de
fitness diplômée d’état, professeur d’EPS, organisatrice
du Touquet raid côte d’Opale, intervenante dans la formation
des brevets d’état.
Elle prend la parole pour nous expliquer sa préparation
physique et psychique alternant les sports indoor et outdoor
avant sa victoire sur le raid Gauloises 2002 au Vietnam. |
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Qu’est-ce
que le raid Gauloises ?
C’est un raid multisport extrême alliant VTT, course d’orientation,
canoë, kayak, épreuves de cordes, spéléologie, canyoning…
Extrême ?
Par sa longueur : plus de 1000 km étaient à parcourir
cette année dans le nord du Vietnam avec comme seul moteur ses muscles.
Par son dénivelé : + de 18 000 km positifs
Par sa température : + de 40° à l’ombre et
100% d’humidité.
Par l’autonomie qu’il impose : alimentation, hydratation,
soins médicaux, sommeil sont à gérer (1 H 30 d’arrêt par tranche
de 24 heures) ; soit des conditions de vie assez «rustiques et précaires»
comme : purifier de l’eau des rizières, dormir dans n’importe quel
endroit (kayak, abris...), manger uniquement de l’alimentation lyophilisée
; d’ailleurs, nous avons travaillé avec Inkosport sur une diététique
appropriée (Barres de tous types pour varier les goûts, alimentation
liquide)
Inutile de dire que les gens qui s’embarquent dans une telle
aventure sont des sportifs passionnés, préparés et prêts à relever
différents défis :
Le défi physique : il va falloir se surpasser pour
venir à bout des 1 000 km prévus.
Les défis mentaux : dépasser la souffrance physique,
continuer à avancer coûte que coûte, posséder un mental d’acier,
être tolérant. Accepter de partager, d’aider et d’être aidé durant
l’expédition où les 5 membres de l’équipe vont tous connaître des
moments de force et de faiblesse.
Le défi de la compétition où le but est de terminer
cette compétition internationale avec le meilleur résultat possible.
C’est cette somme de défis que notre équipe, «VSD-EIDER»
a su surmonter pour gagner en 6 jours 19 heures et 14 minutes.
Mais cette victoire n’est pas le fruit du hasard, c’est toute une
préparation : un an de travail.
Des entraînements collectifs où nous nous rencontrions
à 5 plus nos deux assistants et où nous évoluions pendant un week-end
dans les conditions de course : c’est à dire un mixte des activités
de base : VTT, course d’orientation, canoë, en autonomie et sans
sommeil. Histoire d’effectuer une séance lon-gue, collective, de
tester notre matériel, de prendre des repères au sein de l ‘équipe,
de déceler les points forts et points faibles et d’y remédier.
Des entraînements individuels où chacun s’est préparé
de son côté. Christophe Bignot et moi-même au Touquet, Yves Masson
à Lyon, Sylvain Mougin à Grenoble, Gilles Lelièvre à Nîmes.
Pour ma part, l’entraînement a consisté en des séances spécifiques
à l’extérieur : course à pied, VTT, Kayak en technique et en physique
mais également des séances en salle de remise en forme. En effet,
étant professeur de fitness au centre Opale gym au Touquet, j’ai
pu inclure dans ma préparation les cours collectifs (entre 6 H et
9 h par semaine de bodypump, bodybalance, step, circuit training...)
et une préparation cardio.
Par ce mixte de sports en extérieur et intérieur, j’ai pu avoir
la préparation physique et mentale idéale pour participer brillamment
à cette course.
Car sortie du résultat, qui vient principalement d’une équipe et
de sa force : un niveau homogène, une bonne entente, de la tolérance…
j’ai bien vécu cette course, sans «coup de moins bien», en étant
fraîche et lucide quasiment tout le temps…
L’entraînement
en extérieur m’a permis de travailler techniquement les différentes
activités du raid.
VTT : peaufiner les réglages de manière à être confortable
: travailler la technique VTT en dénivelé sur sols variés
: cailloux, boue..
Pied : tester l’équipement, préparer les pieds (ampoules),
progresser en dénivelé sur sols variés (technique de course
sur terrain montagneux)
Kayak : être capable de rester en position pendant
plus de 10 heures, être techniquement efficace et économe.
Spéléologie : connaître et être efficace dans les techniques
de base. |
En salle, les différents cours que j’encadre m’ont permis de :
Posséder une préparation musculaire complète de base,
complémentaire aux sports d’extérieur: Bodypump, Circuit training.
Exemple : renforcement abdominal, hyper important en kayak Travail
des squats intéressant lorsqu’il s’agit d’effectuer une descente
en VTT…
Travailler en endurance lorsque plusieurs cours s’enchaînent
et de manière complète : cours de step, aérobic.. (entraînement
hyper efficace pour préparer à la progression à pied en dénivelé)
et musculaire.
Travailler la souplesse, utile pour récupérer et préparer
les entraînements, s’évader psychologiquement grâce à des cours
comme le stretching et le bodybalance.
Un complément a été efficace également grâce aux appareils de cardio-training
: stepper, ergomètre, elliptique, vélo….
J’ai utilisé chaque appareil pour travailler le cœur : en intervalle
training ou en travail à rythme constant selon ma FC (30 mn à 80%,
45 mn à 75%…) mais en plus, selon chaque spécificité, ils ont préparé
un sport d’extérieur.
Exemple :
Le stepper permet un geste proche de celui que l’on
retrouve en montée. Il m’a donc bien préparée musculairement : à
cela, j’ajoutais un travail en extérieur pour le travail de la cheville
sur sol varié… chose que l’on peut également travailler en salle
avec des exercices de proprioception.
L’ergomètre était un bon complément également pour la préparation
des activités nautiques : kayak, canoë (renforcement de la sangle
abdominale, dorsaux, épaules...) mais également un renforcement
des membres inférieurs.
Le cycling était intéressant pour le VTT : geste musculaire proche,
pas négligeable dans une région comme la mienne où le temps n’est
pas toujours au beau fixe !!! J’utilisais beaucoup l’elliptique
en récupération.
Ce travail sur appareils de cardio-training a donc été un bon complément
mais il a été d’autant plus efficace jumelé avec un entraînement
en extérieur pour le technique : rouler sur cailloux (secousses,
manœuvre...) montée au milieu des cailloux…
Ainsi, le fitness a fait partie intégrante de ma préparation pour
le raid pourtant outdoor. C’est un exemple concret intéressant vécu
à un haut niveau de performance sur le raid et ceci peut nous donner
des idées en salle de remise en forme :
Ouvrir certaines pratiques sur l’extérieur, proposer
des créneaux outdoor, de plus en plus en vogue. Ex : un échauffement
en extérieur ; une sortie dominicale.
Proposer aux sportifs, prêts à relever le défi du
raid de préparer au mieux leur course grâce à l’entraînement individualisé
en salle cardio ou en cours collectifs. On peut également proposer
une course locale comme objectif.
Proposer aux sportifs avertis de parfaire leur entraînement.
En bref, lier Outdoor et indoor pour mieux se préparer, mieux s’entretenir,
mieux se faire plaisir. |

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