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Pascal
TURBIL
:
Comment s’organise la prise de contact avec ce géant
de la forme qu’est le Club Med Gym ?
Etienne MADELIN :
La première chose qui frappe en arrivant dans cette entreprise,
c’est la passion des gens pour leur métier. Et puis,
il m’a fallu connaître les gens autant que le produit.
Pour cela, il n’y a rien de mieux que la pratique en clubs.
Je me rends régulièrement dans les salles (ce soir
je vais à Maillot, demain au Waou). J’écoute
dans les vestiaires, je pose «innocemment» une ou
deux questions. C’est une préoccupation de tous les
instants…
P.T. : Quels
sont les effets visibles de la fameuse «synergie»
entre les deux enseignes Club Med et Club Med Gym ?
E.M.
: Le plus évident c’est naturellement
ce
changement de nom. Qui dit nouvelle enseigne, suppose des aménagements.
C’est ce que mes prédécesseurs ont engagé
et ce que je poursuis. Il s’agit d’un travail de fourmi
dans les clubs, avec l’amélioration des infrastructures,
le renouvellement du matériel, la disposition des espaces
ou la relation au client. J’aime beaucoup l’idée
de répondre concrètement, même par la négative
s’il le faut et si c’est argumenté, aux questions
et demandes d’un client. Après l’annonce de
cette fusion entre ces deux géants des loisirs, les observateurs
se sont montrés très sévères. Mais
avant de faire émerger des éléments tangibles
de cette union, il a fallu absorber les divers remous liés
aux changements internes, au rachat d’une enseigne, à
une crise terrible dans le secteur du tourisme…
La
réalité du Club Med est bien plus brillante que
ce qu’en ont dit les journalistes économiques et
autres observateurs.
L’autre
implication, essentiellement vécue de l’intérieur,
tient à la transmission d’un savoir-faire. Le Club
Med dispose d’une vraie méthode, et nous profitons
de ces outils au Club Med Gym. Dans la pratique, cela donne la
tenue de «forums-clients», ou ces livrets, baptisés
«Quali-Fit», qui reprennent le principe des Quali-Signs
en place depuis longtemps au Club Med. Aujourd’hui, chaque
département (encadrement sportif, commercial, accueil ou
maintenance) dispose de cette sorte de bible rédigée
par un comité «qualité» et qui reprend
chacun des points à observer pour être au plus proche
du service client.
P.T.
: La satisfaction du client semble être
votre leitmotiv.
E.M.
: Mieux, c’est mon obsession. Et ce n’est
pas seulement une vision altruiste ou idéaliste. De cette
satisfaction dépend le taux de réabonnement. Ce
chiffre est essentiel dans notre métier. Il est le meilleur
indicateur de notre savoir-faire. Je pense, à termes, faire
afficher chaque taux dans les salles, pour que chacun s’imprègne
vraiment de cette nécessité de satisfaction. Il
s’agit finalement d’une évidence : plus vous
êtes performant dans le service, plus vos adhérents
viennent et reviennent et plus vous gagnez d’argent, ce
qui vous permettra de les satisfaire davantage, et ainsi de suite.
P.T.
: Les passerelles précédemment évoquées
ne vont-elles pas toujours dans le même sens ?
E.M.
: Le Club apporte beaucoup, sur le plan de la
méthode, mais il n’est pas question pour autant de
dénaturer le produit Club Med Gym. Vous n’aurez,
par exemple, jamais de «crazy signs» sur les parquets
de nos salles. En revanche, ce sont nos équipes, via notre
école (l’IMF) qui forment les profs de sport et de
fitness du Club Med. L’échange est valable dans les
deux sens, c’est tout le propre de cette fusion.
P.T.
:
Le travail actuel tient donc principalement à renforcer
les structures actuelles, cela signifie-t-il que vous ne pensiez
pas au développement ?
E.M.
: C’est vrai, il est capital que tous nos
clubs soient sur les mêmes bases et nous y travaillons.
Une équipe ne comprendrait pas que l’on parle de
développement massif, alors que son parc machines ou que
ses vestiaires doivent être changés. Dans l’immédiat,
notre développement sera très raisonné. Nous
venons de racheter le club de Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine
(ex. Moving) et nous ouvrons un Club Med Gym Waou, avenue de la
Toison d’Or à Bruxelles (les quartiers chics, ndlr).
Là encore, l’apport du Club Med a été
déterminant dans un pays où nous ne sommes pas implantés,
mais où le Club compte beaucoup de GM.
P.T.
:
Et du côté du matériel ?
E.M.
: Notre structure doit régulièrement
renouveler son parc. Je mène en ce moment une réflexion
sur la politique d’investissements dans ce domaine. Je dois
tenir compte de la qualité telle que la perçoit
l’adhérent ; de la qualité réelle d’une
machine et de qualité, telle que la perçoit l’homme
chargé de la maintenance. C’est une équation
qui interdit de se focaliser sur une seule marque et pour tout
dire, je n’ai pas encore de religion.
P.T.
:
Avec la TVA à 5,5, vous ressortez un «vieux»
dossier, cela fait partie de vos chantiers en cours ?
E.M.
: Absolument. Notre secteur est traité
avec la plus grande injustice et c’est notre rôle,
en tant que leader, de monter au créneau. Attention, nous
ne le faisons pas seuls, mais avec l’ensemble des représentants
des clubs et notamment le SNEISS. Nous sommes un métier
de main d’œuvre, nous devrions être traités
comme tel. D’ailleurs, une circulaire européenne
prévoit un taux réduit de TVA, nos voisins l’appliquent,
pas nous. Et puis, même en tant qu’activité
commerciale et privée, nous agissons -qu’on le veuille
ou non- sur la santé du public. Notre action est forcément
bénéfique, là encore certains pays voisins
la prennent en compte. Pas la France.
P.T.
:
Souhaitez-vous faire passer un message aux professionnels de votre
«nouveau» secteur ?
E.M.
: Je voudrais m’adresser plus particulièrement
aux conseillers sportifs. Ils sont le cœur de notre métier.
J’en ai rapidement pris conscience et il faudra que nous
trouvions un moyen de les valoriser davantage. Il faut impérativement
cultiver leur richesse.
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