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Michel
Pajol : M. Rivoal, comment expliquez-vous
les nombreux dépôts de bilan des clubs de fitness
durant ces 2 dernières années ?
Hervé
Rivoal
: Mon
analyse de la baisse du marché du fitness de ces deux dernières
années repose principalement sur 3 points :
1.
La montée du phénomène de mode directement
concurrentiel à notre métier : VTT, Roller qui comptent
aujourd’hui plusieurs millions de pratiquants.
2. La conjoncture
économique n’est pas favorable. Les 35 heures ont
amené un nouveau style de vie plus concentré sur
les 4 premiers jours de la semaine pour laisser libres les week-ends
de 3 jours. Notre
métier n’est pas considéré comme un
loisir du week-end et les adhérents ont désormais
moins de temps en semaine pour gérer leur quotidien et
leur planning fitness.
3.
Le budget des ménages qui n’a pas augmenté
depuis 6 ans et qui doit faire face aux augmentations du coût
de la vie au détriment des loisirs. De plus, le téléphone
mobile, les télés numériques à péage
depuis 2 ans, et maintenant les abonnements Internet, sont autant
de budgets supplémentaires devenus incontournables dans
la mentalité de notre société moderne. Ces
phénomènes nouveaux tous basés sur des abonnements
ponctionnent sensiblement le budget des ménages et rendent
méfiants les consommateurs sur les durées d’engagements
d’abonnements auxquels ils ne veulent plus souscrire.
Toutes ces raisons expliquent en partie la baisse des prospects
dans les clubs. Avec moins de prospects, il faut savoir gérer
sa trésorerie ; malheureusement certains propriétaires
de centres ont souvent confondu trésorerie et bénéfice
pour créer d’autres centres avec le cash flow des
premiers clubs. En cas de baisse, même temporaire, du marché,
ils ne peuvent plus faire face à leurs engagements, et
c’est le dépôt de bilan. Mais je reste confiant
quant à l’avenir. Le marché s’est épuré
et les consommateurs sont toujours présents. La forme et
le bien être restent des valeurs attachées à
l’amélioration du niveau de vie et le monde avance
dans ce sens.
M.P.
:
Le marché du fitness est en pleine croissance partout dans
le monde. Pourquoi pas en France ?
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H.R.
: A la vue du dernier rapport européen
de l’industrie du fitness, le taux de pénétration
du fitness en France est le plus faible d’Europe avec
moins de 3 %. Comparé aux 13.2% aux USA, aux 8.9 %
au Royaume-Uni ou aux 8% de l’Allemagne, on se rend
compte que tout reste à faire ! Les Français
ne sont pas sportifs comme les Allemands ou les Anglais et
notre métier a longtemps reposé sur un phénomène
de mode qui n’a pas su évoluer.
Les Français font du fitness parce qu’il faut
faire du sport ; c’est plus par nécessité
que par besoin! De plus, notre activité n’est
pas considérée comme un atout santé comme
chez la plupart de nos voisins européens, où
certaines mutuelles vont même jusqu’à rembourser
les cotisations des centres de Health and Fitness car des
études sérieuses ont montré les effets
bénéfiques de l’activité physique
sur la santé ; c’est en partie sur ce point que
certains militent sur l’abaissement de la TVA sur le
sport puisque tous les pays limitrophes bénéficient
d’une TVA sur le sport inférieure à nos
fameux 19,6 %. De plus, contrairement à d’autres
pays, aucune campagne TV vantant les mérites du fitness
n’a jamais été diffusée correctement
en France, ni même aucune série télé
ou émission de santé sur le fitness. |
C’est
ce que devrait faire M6 en 2003 avec un remake de Big Diet produit
par Endémol et qui met en scène un groupe de personnes
désirant perdre du poids à l’aide d’activités
de remise en forme et de régimes adaptés. Si l’émission
est suivie avec autant de succès que le Loft, de beaux
jours s’annoncent …
En
France, le marché du fitness repose plus sur l‘esthétique
que sur le bien être et la santé, mais cet état
d’esprit devrait évoluer rapidement. Toutes les études
montrent que les loisirs et la remise en forme en général
sont en hausse de 5 % par an et que la santé et le bien
être font dorénavant partie des préoccupations
principales des français.
M.P.
:
Quel
avenir pour la franchise dans le fitness ?
H.R.
: Notre métier a connu une expansion considérable
depuis 20 ans, puis une phase de crise profonde des années
2000 à aujourd’hui. Comme tout nouveau métier,
il faut du temps pour organiser et structurer sa pérennité.
Notre marché est aujourd’hui au stade des salons
de coiffure il y a 20 ans : 10 % des structures sous enseigne
nationale et 90 % d’indépendants. Le consommateur
n’a pas de repères, ni de références
dans le fitness. Les clubs indépendants n’ont pas
la notoriété nécessaire pour imposer une
image de marque ou un concept dans tout l’hexagone. Le marché
a besoin d’une référence nationale pour ensuite
se structurer en différentes enseignes plus ou moins importantes.
3 prétendants à ce titre se sont déjà
positionnés récemment :
-
Club Med Gym, avec je crois la volonté de se développer
nationalement, ce qui serait une très bonne chose pour
la profession qui a besoin d’une locomotive pour avancer
et être reconnue.
-
DECATHLON et ses immenses parcs de la forme qui vont se généraliser
partout en France prouve si besoin était que notre marché
est en phase de reconstruction et demeure profitable même
si les banquiers veulent nous faire croire le contraire.
-
FITNESS FIRST, numéro 1 Européen, a investi 100
millions de francs en 18 mois. Malgré des débuts
difficiles, leurs structures sont neuves, de très bonne
qualité et très bien achalandées.
Ces
changements montrent bien, que malgré la crise, nous assistons
à une redistribution des parts de marché à
des grands groupes qui se positionnent dès à présent.
Notons que de grandes chaînes anglaises font actuellement
des études d’implantation sur notre territoire et
attendons-nous à voir très prochainement des marques
comme : Holmes place, Esporta ou Bannatyne fitness … Aussi
chaque club doit se préparer à l’arrivée
de cette concurrence. Notre licence de marque Full Time Fitness
permet aux gérants de clubs de fitness de se former aux
meilleures méthodes commerciales et de gestion pour faire
face à un marché de plus en plus difficile à
appréhender. Notre
centrale de communication permet une gestion de marketing plus
personnalisée que jamais. Notre logiciel permet la gestion
d’accès et le suivi et la relance client qui sont
indispensables à l’entreprise. Il gère également
les prélèvements automatiques mensuels dégressifs.
Les
consommateurs ont plus que jamais besoin de références
et d’enseignes. Ils veulent de la sécurité,
des facilités de paiement, un maximum d’activités
à des prix attractifs. Dans moins de 20 ans, comme dans
la coiffure, il n’y aura plus que 20 % de centres indépendants,
tout le reste sera sous enseigne nationale, en licence de marque
ou réseaux affiliés. 2003 marquera sans doute un
tournant pour la remise en forme en France et nous comptons y
jouer un rôle important en développant notre enseigne
dans toute les villes de plus de 50 000 habitants.
M.P.
:
Comment répondez-vous aux attentes des consommateurs dans
vos centres Full Time Fitness ?
H.R.
: Notre enseigne a comme priorité la satisfaction
de sa clientèle. Ainsi, nous proposons depuis plus d’un
an un abonnement mensuel et dégressif. Nos formules d’abonnement
sont suivies de tacites reconductions mensuelles : - 20 % du 4ème
au 12ème mois puis - 40 % du 13ème au 24ème
mois , enfin moins - 60 % après le 25ème mois pour
les plus fidèles. Nos adhérents ont la possibilité
d’interrompre leurs abonnements chaque mois après
une inscription minimum de 3 ou 12 mois.
Tous nos plannings de cours sont étudiés pour les
enfants, adultes et seniors, en fonction du public et des différentes
tranches horaires. 80 % de nos clubs proposent piscine et aquagym.
Enfin tous sont équipés d’une cellule esthétique
qui apporte une réponse aux besoins d’amincissement
de nos adhérentes.
M.P.
:
Avez-vous une idée pour relancer notre métier ?
H.R.
: Il faut essayer de rendre interactif notre métier
et lui donner un côté ludique ; c’est par nécessité
que viennent nos clients ? Il faut qu’ils reviennent par
plaisir ! Ce jour là, nous aurons solutionné notre
problème de fidélisation. Par ailleurs, le facteur
santé sera un vecteur de communication important dans les
années à venir. La santé par le sport devrait
être puissamment relayée par tous les médias
dès que nous aurons les analyses des études du gouvernement
américain sur l’impact du fitness sur la santé
prévues fin 2003.
D’ici 2 à 3 ans, le fitness devrait revenir à
la mode pour des questions de santé. En attendant, chaque
responsable de centre doit se former pour être plus performant
et faire appel aux services de professionnels pour la gestion
de son club. Aussi nous avons créé il y a quelques
mois une nouvelle société « Centrale Fitness
» qui propose ses services à moindre coût pour
les centres indépendants.
Cette « Centrale » permet aux indépendants
de bénéficier d’une communication (prospectus
et 4 par 3) attractive et personnalisée avec plus de 100
visuels disponibles, ainsi que des formations (remboursées
par le 1 % formation) commerciales, parrainage, télémarketing,
fidélisation….
Et
une Centrale d’achat pour tout le petit matériel
et la diététique, visible sur www.centralefitness.com
Enfin,
elle apporte une solution intermédiaire aux centres indépendants
désireux d’accéder à des outils jusqu’à
présent réservés à des grandes enseignes,
sans perdre son identité et aux conditions tarifaires d’une
centrale nationale.
Notre
objectif est la professionnalisation des métiers de la
forme et de tous ses acteurs en France. Les clubs actuels doivent
impérativement s’armer de formations, se regrouper
en chaînes ou s’affilier à des centrales ou
réseaux. L’unité et le nombre font la force,
c’est la seule façon de contrer l’arrivée
de cette concurrence aux moyens démesurés.
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