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«Garden
Gym doit nous permettre de récupérer les villes
où Moving a connu des problèmes»
Pascal
Turbil
: Votre présence au dernier salon Mondial Body Fitness
a surpris les professionnels. On attendait Moving et vous avez
présenté un petit stand, très vert (pelouse
et distribution de pommes) sous le nom de Garden Gym.
Charles
Ellia
:
C’est effectivement une volonté de l’entreprise
de développer un nouveau concept, qui colle à l’air
du temps : vert, bio, nature... L’enseigne Garden Gym, dont
nous faisions le lancement national au salon, est conçue
autour du principe des 5 sens (l’odorat, l’ouïe,
la vue, etc.), une idée qui a été très
appréciée, tant par les professionnels que par le
public présent au salon durant le week-end.
P.T.
:
Le grand public n’est pourtant pas votre cible première
durant cette période de lancement.
C.E.
:
C’est vrai, j’étais essentiellement intéressé
par les journées professionnelles durant lesquelles nous
avons noué une trentaine de contacts sérieux que
nous allons étudier de très près. La surprise
est venue du week-end où les consommateurs (grand public)
sont venus par centaines sur le stand, pensant qu’ils pouvaient
déjà s’inscrire.
P.T.
:
En dehors de la partie purement marketing de clubs d’un
genre nouveau (aromacologie et fitness), quel est l’intérêt
de lancer une nouvelle enseigne dans un marché difficile
?
C.E.
:
Il y a, bien sûr, une partie «cosmétique»
et de présentation dans cette nouvelle approche puisque
l’activité principale du club ne change pas fondamentalement
d’une enseigne à l’autre. Mais, premièrement,
il ne s’agit pas vraiment d’une nouvelle enseigne,
Garden Gym a déjà une histoire. Et surtout, cette
enseigne nous permet de revenir dans des villes où il y
a eu des problèmes avec Moving et où il aurait été
suicidaire de rouvrir un club sous le même nom, ce qui sera
le cas des deux premiers Garden Gym à Valenciennes et à
Béthune.
P.T.
:
Qui peut ouvrir un club Garden Gym ?
C.E.
:
Vous évoquiez un marché difficile et j’en
profite pour rappeler que cette chaîne ne vise pas à
créer des salles, mais à donner son nom à
des clubs existants. Il s’agit donc d’optimiser un
club via la synergie d’un groupe. Nous proposerons donc
des contrats d’affiliation (18 mois renouvelable) à
des patrons de clubs d’une surface minimum de 500 m2, qui
disposent déjà de 500 adhérents actifs et
dont la zone de chalandise à 10 minutes est d’au
moins 30.000 personnes. Nous demandons également à
ces propriétaires de clubs un minimum d’investissements
pour correspondre au concept (décoration, principe des
5 sens...). Tous ces outils, mis à disposition de notre
partenaire, ne sont plus soumis à des royalties, mais une
cotisation forfaitaire de 1 euro par mois et par adhérent
actif, ce qui nous oblige à être performant. Nous
gagnons de l’argent, si le club en gagne...
P.T.
:
Quels sont les objectifs de développement de la marque
?
C.E.
:
Vous l’avez compris, il ne peut y avoir de concurrence,
ne serait-ce que géographique entre les deux enseignes
Garden Gym et Moving (c’est contractuel). Ensuite, nous
ne souhaitons pas faire du développement «intensif»,
l’expérience de Moving, en ce sens, m’a appris
qu’il fallait consolider avant de développer. C’est
pourquoi je ne pense pas qu’il n’y ait jamais plus
de 50 clubs Garden Gym en France.
P.T.
:
Revenons sur cette expérience du développement puis
de la crise qu’a connue Moving et les enseignements que
vous en avez tirés.
C.E.
:
Moving a été le premier réseau national,
avec parfois plusieurs dizaines d’ouvertures de clubs le
même mois. Et des «baronnies» se sont logiquement
développées dans certaines villes comme à
Montpellier, Toulouse, etc. Certains patrons avaient plusieurs
clubs en franchise, ils étaient aussi importants qu’incontrôlables
et ils préféraient ouvrir des clubs plutôt
que de consolider la salle existante. Ce qui devait arriver lorsqu’on
jongle avec la trésorerie c’est produit, le château
s’est écroulé, laissant des adhérents
sur le carreau. À cette époque, il a fallu que je
fasse personnellement le tour des villes en question pour expliquer
la différence entre le franchisé et le franchiseur,
puisque ces scandales éclaboussaient l’enseigne sans
distinction. Les gens pensaient que c’était moi,
le franchiseur, qui avait encaissé les cotisations et qui
fermait la boutique, alors que j’étais également
perdant dans ces histoires puisque les franchisés ne versaient
plus leurs royalties. Dans la tempête, j’ai pris plusieurs
mesures d’urgence : abandonner le principe de la franchise,
qui ne fait plus confiance. Adopter un maximum de transparence
dans les relations avec les clients et les consommateurs. Aujourd’hui,
Moving est un loueur d’enseigne qui propose des contrats
de licence de marque. Les autres prestations existent, elles font
partie d’un catalogue, et sont payantes ponctuellement.
Elles ne font plus partie d’un package de franchise...
P.T.
:
Et pour renouveler la confiance en la marque ?
C.E.
:
Nous imposons des règles strictes à nos partenaires
et nos contrats prévoient la possibilité de retirer
la marque aux contrevenants. Dans la pratique, cela se traduit
par une base qui implique directement le patron dans une politique
de qualité : un propriétaire par club. L’expérience
montre que, quand le patron n’est pas présent, les
résultats s’en ressentent. Nous stabilisons le réseau,
plus que nous le développons, ce qui signifie que nous
limitons le nombre de clubs à une centaine (nous en comptons
déjà 80). Nous avons également baissé
le taux de royalties de 5 à 3%. Côté adhérent,
nous ne proposons plus l’abonnement bi-annuel, le maximum
est d’un an, reconductible mensuellement dès le 13e
mois, avec la possibilité de dénoncer ce contrat
à tout moment dès ce même 13e mois.
P.T.
:
Les produits dérivés font partie de cette stabilisation
?
C.E.
:
Oui, à part entière et dans les deux cas. Moving
développe la marque Moving Institut, qui apporte le complément
bien-être au fitness, les clubs et les instituts distribuent
ainsi une ligne de produits beauté, forme et minceur. Et
dans le même esprit, Garden Gym va proposer l’ «Institut
by Garden», lorsque la surface le permettra .
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