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Nouveau patron, nouveau nom, nouvel état d’esprit, nouvelle politique commerciale, le Gymnasium nouveau est arrivé
On change tout et on recommence

Par Pascal TURBIL

Voilà un an et demi, Jean-Pierre Bibé reprenait l’enseigne à l’image écornée de Gymnasium. L’ancien banquier (diplômé HEC), spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, s’est ainsi laissé séduire par l’outil de travail -9 centres dans Paris intra muros- et s’emploie à redorer le blason d’une maison dont il va même changer le nom. Il a des idées et de la volonté, il en aura besoin et il le sait.
Depuis le premier février 2002, Jean-Pierre Bibé est officiellement le patron de Gymnasium. Le Président de la SAS Société Européenne de Loisirs a, effectivement, racheté (150.000 euros) les 9 centres de la capitale devant Tribunal de Commerce, alors qu’au moment de la liquidation judiciaire il en restait 16 (9 dans Paris, les autres en banlieue). Sept fermetures qui ont fait grincer des dents puisque les adhérents, souvent «coincés» avec un abonnement contracté à crédit, se retrouvaient sans salle, mais avec des mensualités à rembourser.

Le challenge était donc multiple pour le repreneur qui allait récupérer un outil de travail, certes intéressant, mais à l’image particulièrement ternie. Conscient de l’ampleur de la tâche, Jean-Pierre Bibé a décidé de «mettre les mains dans le cambouis». Cela a commencé par reprendre contact avec les autorités légales (Tribunal d’Instance du XVIIIe arrondissement de Paris), avec qui l’enseigne ne communiquait plus pour régler les différends encours avec les clients. Il s’est également présenté personnellement au comité des anciens adhérents de banlieue lésés par les fermetures de clubs. Une présence très appréciée qui a permis de trouver des solutions.
Solutions d’ailleurs inscrites dans les termes de la reprise de l’enseigne : «Assurer la prestation de service sportive et esthétique à l’ensemble des adhérents, y compris les adhérents des centres non repris». Et, selon Jean-Pierre Bibé : «Cette transition ne s’est pas trop mal passé, compte tenu des circonstances».

L’ère du développement tous azimuts sous forme de franchise initiée par le créateur de la marque (Rizziero Palusci), depuis Brest au début des années 90, puis reprise par le tandem Fabien Mevel Claude Rodriguez et enfin par Fabien Mevel seul, qui a insufflé des méthodes de vente agressive à la limite de la légalité et de toute façon, inadaptées au secteur de la forme, a donc définitivement vécu. Côté franchise, Jean-Pierre BIBÉ est catégorique : «En tant qu’ancien banquier, je suis absolument contre». Concernant la vente d’abonnements et la politique commerciale, il a déjà apporté des changements et ce n’est qu’un début :

«Les crédits personnels pour financer les abonnements sur 2 ans n’existent plus. J’ai également supprime le phoning et toute forme de commercialisation agressive». Une volonté de bien faire, qui va de pair avec des rentrées moindres : «J’ai réduit les structures, engagé des travaux de rénovation des sites, notamment dans le club du XIIe arrondissement et je n’ai pas eu de chance puisqu’il a brûlé (réouverture prévue en septembre)…

Je m’applique également à faire évoluer les mentalités des salariés. Plus que la vente forcée d’un abonnement à une personne qui ne voulait pas franchement s’inscrire et qui sera forcément un mauvais porte-parole, je mise sur la qualité de service pour développer le réabonnement. Petit à petit, grâce au bouche-à-oreille et à des actions de parrainage, la confiance revient. Une fois que le client est chez nous on le «cocoone», en insistant sur la personnalisation de chaque adhérent». L’autre effort consiste à rendre plus lisible et transparente la grille de tarifs des abonnements : «Il est capital que nous ne passions plus pour des «rigolos», aujourd’hui la transparence existe, nous sommes alignés sur les tarifs du Club Med Gym (environ 1100 euros/an)».

L’objectif de Jean-Pierre Bibé reste donc de consolider l’actif des clubs parisiens et d’en faire une référence : «Les centres intra-muros me suffisent, je n’ai pas l’intention de développer la banlieue et encore moins la province, l’objectif est vraiment de stabiliser la situation, de satisfaire l’adhérent et de lui proposer d’autres services sur place, puis de développer ces centres autour du bien-être. Cela pourrait se faire en partenariat avec un spécialiste du séjour de remise en forme à l’étranger de type thalasso».

Un développement logique aux vues des instituts de soins déjà en place à Paris : Les Thermes de Paris (Paris XVIe) et les Instituts Cluny (Ve et XIIIe arrondissements), 3 de ses 9 centres parisiens. Des changements radicaux, de nature à redonner confiance dans une enseigne, que Jean-Pierre Bibé a pourtant déjà prévu de changer : «Au plus tard à la rentrée prochaine, les centres auront changé de nom, je travaille actuellement sur le logo, mais pour moi, le plus important était de rénover l’intérieur, maintenant que c’est en place (travaux, mentalité et matériel), je peux m’attaquer à l’extérieur, dont le nom»