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FAUT-IL
CHANGER
LES FORMULES D’ABONNEMENTS DES CLUBS DE REMISE
EN FORME ?
Par
Hervé RIVOAL
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1 ) Le financement des abonnements
Depuis 1992, les centres de remise en forme se sont servis
d’organismes de financement comme Cetelem, Cofinoga,
Franfinance, Financo, etc. pour accroître instantanément
leur trésorerie, mais aussi, par la même occasion,
pour fidéliser sur 1, 2, voire 3 années, des
clients souvent volatiles. |
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| Depuis,
la quasi totalité de ces organismes ont abandonné
définitivement notre secteur d’activité
ou sont en passe de le faire. Non pas que les formules
proposées ne soient plus adaptées au client,
mais en raison des pertes financières importantes,
engendrées par les récents dépôts
de bilan de quelques clubs. |
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Bien
sûr, les « 60 millions de consommateurs » et autres
organismes de protection du consommateur ont tenté de faire
pression sur la durée d’engagement trop longue des
contrats d’abonnements. Cependant, la situation économique
des clubs ainsi que la course au chiffre d’affaires pour les
maisons de financement ont été plus forts que la morale.
Peut-être ce système aurait-il pu durer sans les dépôts
de bilan de plusieurs dizaines de clubs laissant par la même
occasion des dizaines de milliers d’adhérents à
la porte ?
Là n’est plus la question. Il faut avancer et tourner
la page en se projetant dans le futur et imaginer des solutions
pour l’avenir.
Mais sans financement, comment résister ? Et comment faire
face aux charges démesurées de nos clubs de fitness
en France ?
2) Les tarifs des abonnements sont
trop bas
A taux de change constant, nous avons les tarifs les plus
bas de toute l’Europe et nous sommes pourtant les derniers
en taux de pénétration (environ 3 % contre
8 et 9 % respectivement en Allemagne et au Royaume-Uni). Nos prix
n’ont pas augmenté depuis plus de 12 ans et restent
quasi identiques à ceux de 1985.
En conséquence, l’investissement dans nos structures
est quasi inexistant (des études ont montré
un besoin en réinvestissement de 6 à 8 % du CA par
an) et nous essayons de contenter nos clients avec de vieilles infrastructures
et du vieux matériel alors que la demande est au high tech
avec une ambiance pastel, le tout dans un cadre irréprochable
.
Un abonnement d’un an ne devrait pas se vendre en dessous
de 750 Euros à Paris et 600 Euros en province, pour des clubs
moyens et sans piscine. C’est à cette seule condition
que les clubs pourront faire face à leurs charges et réinvestir
afin que leurs structures redeviennent profitables.
3) La nécessité de
changer les formules d’abonnement
La solution pour augmenter le CA est d’adopter les méthodes
des grandes chaînes de fitness étrangères qui
sont côtées en bourse et qui gagnent véritablement
de l’argent : l’abonnement à tacite reconduction
!
Cette solution consiste à prélever les adhérents
mensuellement, à la place des organismes de crédit
et permet d’éviter les intérêts pour le
client (quitte à augmenter nos prix de 5 à 10%). Mais
cette mise en place ne peut pas se faire sans période transitoire
(de 12 à 18 mois). Deux raisons à cela :
a. Le manque de trésorerie : si un club passe directement
un encaissement mensuel de tous ses clients, il encaissera environ
50 € par mois et par nouveau client, soit environ 5 000 €
pour 100 nouveaux adhérents dans le mois. Dans l’hypothèse
de charges fixes à 30 000 €, il faudra attendre le
7ème mois pour encaisser suffisamment d’argent pour
faire face aux charges.En outre, les 6 premiers mois auront créé
un déficit de trésorerie d’environ 90 000 €
que peu de clubs ont aujourd’hui sur leurs comptes.
b. Sécuriser les encaissements : un chèque
est plus fiable qu’un prélèvement qui lui, peut
revenir infructueux ! La loi protège les commerçants
contre les chèques impayés (le client doit régler
sous peine d’interdiction bancaire), mais pas contre les prélèvements
refusés ou rejetés pour insuffisance d’approvisionnement.
La véritable solution à adopter est l’encaissement
immédiat de 3 mois, 6 mois ou 12 mois dits « fermes
et incompressibles », puis le prélèvement mensuel
des clients au delà de cette période d’engagement.
Tout en laissant au client la liberté d’arrêter
quand il le souhaite, chaque mois.
Cependant, cette solution est à adapter à chaque club.
La mise en place de contrats à tacite reconduction permettra
de réaliser des CA importants avec 50 % de fidélisation
+
33 % en année 2
+ 55 % en année 3 |
Ce taux de fidélisation peut paraître irréaliste
lorsque l’on sait que la moyenne nationale n’excède
pas 12 %. Trois raisons à cela :
| 1.
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Parce
que les clients n’ont pas l’acte de réabonnement
à faire à chaque fin de contrat. |
| 2.
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Parce
que le client qui a le choix d’arrê-ter son contrat
à chaque fin de mois ne se sent pas engagé. |
| 3. |
Parce
que le client n’est pas informé par courrier
qu’il est prélevé chaque mois. |
4) Nouveau contrat
Il faut un contrat spécifique laissant le client
libre de choisir sa durée d’engagement minimum : 3
mois, 6 mois ou 12 mois, avec une autorisation de prélèvement
sur le compte du client et le numéro national d’émetteur
du club (que le club aura préalablement demandé
à sa banque ).
Ce contrat ressemble aux contrats des opérateurs de téléphones
mobiles, de Canal satellite ou encore des fournisseurs d’abonnement
à Internet.
Néanmoins, il est nécessaire de l’adapter à
notre activité et de le faire « doublement »
valider juridiquement par un avocat et légalement par 60
Millions de Consommateurs ou Que Choisir, pour être sûr
de ne pas être obligé de remplacer une clause à
l’avenir et de devoir payer une amende.
5) Le rôle de la banque
En outre, il faut passer un accord avec une banque afin
que les prélèvements ne coûtent pas trop cher
à réaliser (les meilleurs prix tournent autour
de 0,15 € par prélèvement, mais certains clubs
ont négocié la gratuité de ce service) et surtout
que le coût des rejets de prélèvements ne soient
pas prohibitifs (certaines banques les facturent à 15 €
par refus, d’autres à 1 € ).Ce partenariat est
important, car c’est souvent par le logiciel de prélèvement
de la banque elle-même que seront réalisés les
prélèvements. Le premier engagement avec une banque
est donc souvent définitif sous peine de devoir rentrer toute
la base de données dans le logiciel d’une nouvelle
banque si on souhaite en changer.
Ces changements, certes difficiles, sont vitaux si nous voulons
que notre activité soit profitable. Leur mise en place doit
se faire au plus vite si nous voulons en récolter les fruits
au plus tôt, c’est à dire au minimum dans 12
mois !
C’est à cette seule condition
que nous pourrons assister et surtout « profiter » d’un
retour en force dans nos clubs d’une nouvelle clientèle,
qui aura été avertie par des publicités novatrices,
telles que « arrêtez quand vous voulez ! » ou
« abonnement mensuel ».
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