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P.Mazerot
et Richard
le manager de
Gymcenter training |
Zoom
sur un exploitant Lyonnais
par Michel Pajol |
Etre
un observateur et le témoin d’un marché tel
que celui du fitness, nécessite une prise de distance et
de recul propice à l’objectivité et à
l’analyse.
L’expérience nous prouve rapidement qu’il se
dégage une grande hétérogénéité
dans les modes d’exploitation des clubs, qui s’explique
souvent par deux facteurs dominants : le premier relève
de ce qu’on pourrait appeler la culture régionale,
souvent de la ville, et bien sûr de la dynamique concurrentielle,
avec, au-delà de ce patchwork national, une différence
intrinsèque entre Paris et la province de manière
globale.
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Le deuxième, qui est sans doute le plus fort, est lié
à l’exploitant lui-même, qui, selon son
cursus, sa culture, ses objectifs et finalement l’entourage
professionnel qu’il va tisser, va orienter la trajectoire
de son entreprise, la typologie de ses produits, de ses services,
de ses équipements, de ses clients…Sans être
trop réducteur, on pourrait résumer avec «
dis-moi qui est le dirigeant, je te dirai comment est le club…
»
Pour autant, cette hétérogénéité
apparente n’enlève en rien la constance du produit,
qui reste majoritairement un standard national, lié
à l’attente primaire du consommateur, qui est
le lien fort et majeur de ce marché.
Le professionnel que nous avons rencontré est un exemple
assez intéressant de parcours et d’expérience
dans la ville la plus concurrentielle de France : LYON.
Cheveux grisonnants, l’allure svelte et alerte, le bonjour
accueillant, Patrick MAZEROT nous reçoit dans son premier
club, le « body sculpt », situé à
Villeurbanne, ville intégrée à l’agglomération
lyonnaise.
Une fois l’accueil et le sourire de l’hôtesse
passés, nous visitons ce club qui « fleure »
bon l’activité physique et l’ambiance chaleureuse.
Les zones distinctes que nous découvrons au fur et
à mesure, sont le résultat d’extensions
successives qui ont été organisées pour
l’amélioration du confort et de l’activité
des clients.
Nous voilà maintenant dans son bureau qui donne directement
sur l’accueil…
Michel PAJOL : Avant de
vous poser quelques questions sur votre club, pourriez-vous
vous présenter et nous donner un aperçu de votre
parcours ?
Patrick
MAZEROT : J’ai 46 ans, je suis marié
et j’ai 3 enfants. En ce qui concerne mon parcours,
mon intense pratique sportive (planche à voile
NDLR) m’a orienté vers des études
« STAPS » (Sciences et Techniques de Activités
Sportives) pour obtenir une licence management du sport.
Je crée le premier magasin d’articles de
« nouvelles glisses » à Lyon, qui
devient le leader de l’enseigne MATOS. Par la
suite, je deviens Directeur Technique de cette franchise
(politique marketing, élaboration des catalogues,
recherche et lancement nouveaux produits, etc.).
Parallèlement, ma pratique sportive me pousse
naturellement à créer des événements
tels que la traversée de Lyon en planche à
voile (pendant 12 ans, 500 participants dont plusieurs
délégations étrangères),
la « junior YOP CUP » en 1994 (20 étapes
méditerranéennes, avec 1000 enfants initiés
à la planche, 20 000 spectateurs, 6 camions,
10 moniteurs).Cela m’amène à être
nommé directeur commercial du N°1 français
de la distribution d’accessoires de planche à
voile.
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P.
Mazerot devant son 2ème club :
le Gymcenter training |
En 1996 je monte ma propre agence de marketing et de publicité
avec 5 axes :
- l’escalade indoor.
- la glisse avec un concept unique de parc de glisse été-hiver.
- la certification qualité, avec le premier cabinet
d’expertise automobile de France.
- interventions marketing pour un franchiseur en coiffure.
- interventions marketing pour une coopérative du fitness,
Odyssée France avec 35 clubs.
L’audit du secteur et l’étude du marché
de la mise en forme, pour animer le marketing de cette coopérative,
m’ont complètement immergé dans ce milieu
qui m’a tout de suite passionné !
En 1997 je rachète le club ALOHA qui était le
plus ancien de Villeurbanne, et auquel j’ai donné
le nom de Bodysculpt.
M.P. : Quels sont alors
vos objectifs ?
P.M. : Quand vous rachetez
un club en activité avec des clients à servir,
la première des étapes est de les satisfaire,
et les rassurer en améliorant le produit en douceur
et en gardant son « âme », facteur que j’avais
intégré en employant l’ancienne propriétaire
qui était plus passionnée que gestionnaire,
et j’ai quasiment supprimé les charges libres
utilisées par quelques bodybuilders car cela ne correspondait
plus à mon concept.
M.P. : Quels ont été
vos axes d’amélioration ?
Vue
d’une partie du plateau musculation et cardio
du Gymcenter Training |
P.M.
: Ils ont été nombreux, mais dépendants
de mes modestes moyens, car il m’a fallu faire
12 banques différentes pour lever 1MF avec un
apport de 150KF !Mes expériences et ma culture
m’ont naturellement orienté vers le client.
La structure vieillissante nécessitait de nombreuses
réfections qui ont révélé
de « mauvaises surprises » et les surcoûts
qui les accompagnent. Les déboires de cette reprise
étaient majoritairement économiques, accrus
par le contexte Lyonnais très saturé,
propice à une guerre des prix suicidaire. J’ai
donc, à contre-pied, travaillé la qualité
de prestation, la proximité et le suivi de la
clientèle avec un marketing et une communication
basés sur un concept familial et convivial, avec
la mise en place d’une organisation interne et
une gestion drastiques.
Très rapidement l’image et la notoriété
de ce « club de quartier » ont porté
leurs fruits, et l’horizon financier s’est
dégagé, me permettant l’acquisition
de surfaces supplémentaires, de mettre en œuvre
un institut minceur, d’agrandir les vestiaires,
d’embaucher du personnel, d’améliorer
la propreté, d’augmenter la satisfaction
des clients…, d’avoir une réelle
progression en profondeur…
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M.P. : Peut-on avoir quelques
chiffres traduisant votre progression ?
P.M. : Quand j’ai
repris ce club en août 1997, son chiffre d’affaire
était inférieur à 1MF, avec 3 employés.
Après le premier exercice, nous avions un C.A. de 2.3MF
avec 6 employés et le 5ème exercice était
de 6MF avec 15 employés.En 2002, nous avons fait 7MF
avec 18 employés en intégrant entretien, ménage
et comptabilité.
M.P. : Vous avez fait
l’acquisition d’un autre club depuis ?
P.M. : En avril 2002,
j’ai eu cette opportunité, cela faisait deux
années que je cherchais une autre structure sur Lyon.Ce
club était très récent puisqu’il
n’avait que deux exercices. Il faisait un C.A de 2MF,
et maintenant, après un an, nous avons réalisé
4,5MF.
M.P. : Y aurait-il une
recette Patrick MAZEROT ?
P.M. : Bien sûr
que non ! La seule est la recherche permanente d’amélioration
du service, de la satisfaction de la clientèle et une
gestion précise. J’ai pu m’entourer de
collaborateurs qui ont le même objectif, ce qui facilite
considérablement le management et la réactivité.
Enfin, je dirai qu’il faut beaucoup de travail, de méthode,
de rigueur, tant sur le service que sur la gestion.
M.P. : Pour conclure,
êtes-vous optimiste pour l’avenir ?
P.M.
: Mon optimisme se limite à la conviction
que la qualité de service va être au cœur
de notre métier dans l’avenir, et que j’ai
déjà pris cette voie dans mes établissements.
Mais cela passe aussi par la qualité du personnel
et de sa formation. C’est pourquoi, depuis sa
création, je participe au jury du Pôle
Universitaire de la Forme, car il est vraiment axé
sur les compétences professionnelles et sur l’alternance
en entreprise.
D’autre part, les charges et le cadre légal
sont d’énormes contraintes pour nos entreprises,
il faut vraiment essayer d’alléger ce carcan,
là encore, pour ces raisons. J’ai été
membre du S.N.E.I.S.S, et maintenant du S.N.E.F., afin
de soutenir le mouvement.
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Vue
d’une partie du plateau de musculation du Bodysculpt
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Enfin, il serait grand temps que notre image s’améliore
et pour cela la stratégie de la charte de qualité
est une étape prometteuse, qui, j’espère,
sera suivie par de nombreux confrères.
Plus nos clients seront satisfaits, plus nos entreprises seront
prospères, et plus notre image sera bonne.
M.P. : Un troisième
club en vue ?
P.M. : Ne jamais confondre
vitesse et précipitation ! Mais on ne sait jamais,
c’est fort possible !….
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Gymcenter
Lyon :
200, ave Berthelot
69007 LYON
Tél. : 04 37 37 11 11 |
Gymcenter
Villeurbanne :
129, bd Stalingrad
69100 VILLEURBANNE
Tél. : 04 72 82 82 82 |
Body
Sculpt Villeurbanne :
40-42, rue d’Alsace
69100 VILLEURBANNE
Tél. : 04 78 84 90 90 |
Crédit
photos : GYMCENTER - BODYSCULPT |
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