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L’Homme
en “questions” : Michel
Corbière, Président Directeur Général
du Groupe Forest Hill - Aquaboulevard de Paris |
Par
Pascal TURBIL |
Michel
Corbière, 61 ans, préside le groupe Forest Hill
qu’il a créé en 1976. Après des études
de mathématiques, il se donne le temps de la réflexion
et crée sa première entreprise en 1965 (une chaîne
de pressing). Autodidacte complet en matière d’affaires
et d’entreprises, c’est en fréquentant les
clubs les plus huppés (Racing Club de France, Stade Français…)
que cet ancien membre de l’équipe de France (junior)
de hockey sur gazon, également Chevalier de l’Ordre
National du Mérite, imagine, dès 1979, une nouvelle
façon de proposer des activités sportives aux citadins.
La formule était visiblement la bonne, puisqu’avec
l’Aquaboulevard de Paris, Michel Corbière
peut se vanter d’être à la tête du plus
grand club du monde en termes d’adhérents : 25.000
membres.
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Pascal Turbil : En matière
de fitness, on cite spontanément d’autres enseignes,
peut-être plus médiatiques, alors que Forest
Hill et Aquaboulevard sont très présents et
depuis de nombreuses années.
Michel Corbière :
C’est peut-être une question de communication,
mais je préfère soigner le contenu de l’assiette,
plutôt qu’embellir le menu. À moins que
notre nom ne soit davantage associé au tennis qu’au
fitness… Je peux pourtant vous donner quelques chiffres,
qui situent le groupe Forest Hill.
Nous employons environ 700 personnes à Paris et en
région parisienne, sur une douzaine de sites, pour
un C.A. de 53 millions d’Euros. Le groupe est numéro
un français des tennis couverts et de squash, mais
c’est aussi le numéro deux national dans le domaine
du fitness, avec plus de 700 cours par semaine, plus de 1000
postes de travail et près de 58.000 membres.
P.T : On dit même
qu’Aquaboulevard pourrait être le plus grand club
du monde en termes d’adhérents.
M.C : C’est probablement
vrai. A lui seul, le club du 15e arrondissement de la capitale
totalise près de la moitié des adhérents
du groupe (25.000), avec une moyenne de 3000 personnes par
jour pour la seule partie fitness.
P.T : Comment expliquez-vous
ce succès et le développement régulier
du groupe depuis plus de 20 ans, alors que dans le même
temps, d’autres groupes ou clubs ont pu connaître
des difficultés ?
M.C : Avant toutes choses,
il a fallu identifier le marché et les besoins autant
que ses contraintes. Selon moi, le marché se trouve
dans le milieu de gamme. Dans le fitness, les extrêmes
souffrent…
Ensuite, je me suis vite forgé une conviction : au
nord de la Loire, le sport s’effectue forcément
en salle, c’est donc d’abord une question d’immobilier.
Conséquence immédiate « du sport sous
un toit «, c’est cher. Il faut trouver des partenaires,
qui sont souvent les municipalités. Une fois réglé
ce problème essentiel, lié au sport-loisir-commercial,
il reste à soigner le produit et le faire évoluer
naturellement. Je suis ainsi passé du tennis à
la forme, au parc aquatique et enfin à l’hôtellerie
(2 hôtels 3 étoiles) avec une certaine logique.
C’est aussi pour cela que je reste dans l’agglomération
parisienne. La province n’a pas le même rythme
de vie (horaires, moyens, etc.) alors qu’elle utilise
les mêmes infrastructures. Dans ce cas,l’équation
est vite réglée. Vous ne pouvez pas rentabiliser
un club qui sera désert le dimanche à partir
de 17 heures… Je préfère donc consolider
le marché plutôt que céder au chant des
sirènes. Ce qui permet au groupe d’afficher des
résultats bénéficiaires…
Il
faut s’occuper du client |
P.T : Revenons sur cette
métaphore de l’assiette et du menu.
M.C : C’est simple,
si on s’attache à la satisfaction du client,
on augmente le taux de réabonnement, ce qui est beaucoup
plus rentable que d’aller chercher, chaque année
de nouveaux adhérents. Il ne sert à rien de
dire ou d’afficher que l’on est bon, il faut l’être.
À partir de ce moment-là, vous tenez le «
grand témoin «. Cette personne, satisfaite, qui
deviendra prescripteur. C’est elle notre meilleure publicité.
P.T : Un savoir-faire,
plus qu’un faire-savoir, qui passe par des notions de
services et de disponibilité, bien connues dans les
pays anglo-saxons ou asiatiques, mais peu développées
en France.
M.C : C’est justement
ce sur quoi nous insistons. En matière de forme et
de bien-être, les clients réagissent comme pour
un kiné, un médecin ou un gynéco. C’est
de l’ordre du paramédical. Chez nous, l’essentiel
des inscrits l’est parce qu’on lui a recommandé
le club. Mais inscrire quelqu’un ne suffit pas, pour
qu’il soit prescripteur, il faut qu’il soit fier
de son club. Cela commence par s’occuper d’eux
dès le début et ne jamais « oublier «
un adhérent qui vient rarement. C’est au début
que tout se joue. Ils doivent être en manque lorsqu’ils
ne peuvent pas venir, et c’est très dur car c’est
la période où il n’y a que des contraintes.
Il faut trouver le temps, les muscles font mal, on se sent
mal à l’aise vis-à-vis des habitués…
C’est d’autant plus difficile que ces nouveaux
clients n’expriment pas clairement leurs besoins. Nous
devons les décoder et y répondre sous peine
de les perdre…
P.T : Une politique commerciale
basée sur le fond et la proximité, qui fonctionne
et qui vous évite la tentation des abonnements vendus
à crédit sur plusieurs années ?
M.C : Ce n’est pas
du tout notre politique. Nous proposons des abonnements annuels
avec un paiement mensuel.
P.T : La rumeur veut que
vous lorgniez du côté de Moving…
M.C : C’est très
tentant de disposer d’un réseau de franchises.
Mais l’entreprise en question a encore beaucoup de ménage
à faire chez elle. Pour l’instant ce ne sont
que des rumeurs sans fondement.
P.T : Vous militez pour
la TVA réduite ?
M.C : Absolument, c’est
scandaleux que nous n’y soyons pas encore arrivés
alors que nous participons au bien-être et à
la santé des gens, donc à une réduction
significative des frais de Sécurité Sociale.
P.T : Un mot de conclusion
M.C : Quand je me regarde
je m’inquiète, mais quand je vois les autres,
je me rassure.
Crédit
photo : GROUPE FOREST HILL - AQUABOULEVARD DE PARIS
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