| N°
39 déc./jan./fév. 2003-2004 |
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L’Homme
en “questions” :
Michel Parada, Directeur
Général
de Fitness First
Par
Pascal Turbil |
| «Le
client ne doit plus être pris pour le banquier,
vive la mensualité» |
| Michel
Parada, 40 ans, est « entré en fitness »
par les chiffres. Financier de formation, il a débuté
sa carrière dans la grande distribution (Carrefour),
avant d’être appelé par Patrick Dalia pour
préparer l’introduction en bourse de Gymnase
Club. Ses missions de consultant le mènent en Angleterre
où il gère des fonds de pensions. C’est
là, en février 2002 qu’il rencontre l’enseigne
Britannique « Fitness First », dont il est aujourd’hui,
le Directeur Général. |
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Profession : AFDAS
Formation : LA SERAPSE |
Pascal
Turbil : Qu’est-ce qui vous a séduit
dans cette enseigne ?
Michel Parada : D’abord,
il n’y avait pas de barrière de langue, je travaillais
déjà en Angleterre. Par la suite, j’ai
pu constater que nous parlions le même langage au sens
propre comme au sens figuré. L’approche de Fitness
First est structurée et industrielle dans le bon sens
du terme. Cela signifie que l’enseigne dispose des moyens
de ses ambitions et qu’elle sait attendre le moment
opportun pour s’engager.
P.T. :
Fitness First, leader de la forme en Angleterre, compte déjà
neuf clubs en France, quelle est la volonté de développement
?
M.P. :
Il n’est surtout pas question de se précipiter
ou d’annoncer des objectifs en termes de nombre de clubs.
Là encore tout est question de timing et de possibilité
d’investissement. Je considère deux points comme
essentiels au bon développement de l’enseigne.
Le premier étant d’avoir les moyens d’appliquer
sa stratégie, ce qui est le cas de Fitness First. Le
second, primordial et qui découle du premier, c’est
de ne pas confondre le client de la salle avec le banquier.
C’est le reproche que je fais au monde de la forme dans
ce pays.
P.T. :
Cela implique que vous réfutez les méthodes
de vente, voire même, le principe de la franchise ?
M.P. :
Absolument ! Les Français sont les champions du monde
de la franchise et l’on en constate les limites régulièrement.
Quant aux méthodes de vente, elles sont trop indélicates
et ne génèrent que de la méfiance auprès
des clients.
P.T. :
Vous pensez donc qu’il faut obligatoirement disposer
de moyens énormes pour rassurer les clients d’un
club ?
M.P. :
Je pense qu’il est impératif de boucler le budget
d’un club avant de l’ouvrir et non le contraire.
Nous en avons ouvert neuf en deux ans (entre février
2001 et février 2003), toujours selon le même
principe. Nous allons même plus loin que l’auto
financement, nous remettons chaque mois notre savoir-faire
en question, c’est un autre point essentiel de l’enseigne.
P.T. :
Vous voulez parler du paiement au mois ?
M.P. :
Notre stratégie place le client au centre, mais il
ne suffit pas de la clamer, il faut le prouver. Chez nous,
un client mécontent n’est pas prisonnier d’un
contrat pendant un an, quand ce n’est pas deux, il peut
quitter le club dès le deuxième mois et cela
à longueur d’année. La notion de service
prend alors toute sa dimension. Le paiement mensuel du client
le rassure et lui assure une équipe toujours à
son écoute. C’est d’ailleurs dans cet esprit
de service que nous avons souhaité nous aligner sur
les normes draconiennes du Label Qualicert. Nous sommes les
premiers à afficher ce label. Cela veut dire que nous
sommes régulièrement contrôlé par
un organisme extérieur, tant sur le plan des normes
que sur celui du service client.
P.T. :
La méthode et la stratégie de Fitness First
pourraient ainsi faire massivement venir les Français
dans les salles de sport ?
M.P. :
Seuls 25 % des Français de 18 à 64 ans pratiquent
le fitness, en salle ou à leur domicile. Parmi ceux-ci,
20 % seulement fréquentent une salle de sport privée
(soit 3 millions de personnes), 30 % sont inscrits dans une
salle de type associatif. Les 50 % restants (7,5 millions)
renoncent à s’inscrire dans une salle pour des
raisons financières (abonnements trop chers) ou pour
cause d’inéquation du service proposé
avec leurs besoins propres. Nous n’avons pas la prétention
de gérer la forme de tous les Français, mais
en respectant les souhaits des uns et les freins des autres,
il est certain que l’engouement et la confiance sont
au rendez-vous. Les Français ne sont pas moins sportifs
que les autres. Il faut être clair, en France, la sous-performance
est due à la prestation du produit, davantage qu’au
manque d’enthousiasme des Français.
P.T. :
Les résultats de Fitness First dans les autres pays
du monde semblent vous donner raison.
M.P. :
Nous proposons un produit trans-culturel qui fonctionne dans
le monde entier. L’essentiel est de ne pas oublier que
nous faisons un métier de services, contact, un métier
d’hommes et de femmes.
P.T. :
En clair ?
M.P. :
Cela veut dire qu’avec une bonne base d’infrastructures
: bon matériel, nous avons notamment Reebok et Technogym
comme partenaires ; une salle climatisée et hygiénique
et un service omniprésent, il est plus simple d’obtenir
la satisfaction client. Par exemple, notre responsable des
activités, Eva Winskill, ne se contente pas d’être
une professionnelle reconnue dans le monde entier et de former
nos enseignants. Elle fait le tour des clubs, s’informe,
recherche de nouvelles activités…
P.T. :
Votre « philosophie « tranche avec le fonctionnement
de nombreux clubs, votre message est fort, pourquoi ne pas
le diffuser davantage ?
M.P. :
En matière de communication, nous avons aussi notre
méthode. Nous faisons les choses et nous en parlons
après. Il n’est pas question de faire du marketing
pour le marketing. D’ailleurs, si nous faisions de la
publicité, nous ne pourrions pas absorber et encore
moins satisfaire 4.000 clients d’un coup. Nos clubs
sont de taille moyenne, aux alentours de 1 500 mètres
carrés et notre service s’organise autour d’une
telle structure.
P.T. :
L’expansion et le chiffre d’affaires repose donc
entièrement sur la cotisation mensuelle de l’adhérent
?
M.P. :
C’est effectivement notre principe. C’est pour
cela que nous ne développons que très peu de
produits dérivés. Nous faisons venir le client
pour une prestation et non pour lui vendre d’autres
articles… Quant au développement des structures,
il reste très présent dans mon esprit, je recherche
actuellement des locaux, notamment dans les grandes villes.
Crédit
photo : FITNESS FIRST |
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