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N°
40 mars/avril/mai 2004 |
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L’Homme en “questions” : Barry WHITE
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Concepteur-développeur
Monsieur « premières fois »
Par
Pascal Turbil |
| Comme
son nom (et son accent) l’indique, Barry White, pas
le chanteur, le basketteur, est américain. Sportif
de très haut niveau (basketteur professionnel), il
est également titulaire d’un MBA de management
des services. Comme quoi biceps et cervelle peuvent –
heureusement - aller de pair. A 56 ans, Barry s’est
depuis quelque temps déjà reconverti dans le
développement de concepts de forme. L’homme,
à l’écoute des besoins de chacun, travaille
à donner du sens au secteur de la remise en forme.
Consterné par le niveau actuel de nos salles de remise
en forme, il s’est tourné vers le monde de l’entreprise,
avec qui il évolue beaucoup plus rapidement. Cet homme
des premières fois semble bien précéder,
sinon donner le ton, au secteur de la forme et du fitness.
Un homme et des idées à suivre de très
près. |
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Pascal
TURBIL : Comment un basketteur américain
se retrouve-t-il en France et même en équipe
de France ?
Barry WHITE :
Très naturellement. J’étais un joueur
assez côté en Amérique et un jour on m’a
fait une proposition intéressante pour venir jouer
en France.
C’était au moment des premiers départs
des joueurs de NBA vers l’Europe. Je me suis donc installé
à Vichy, club de première division.
Je suis ensuite parti pour Châlon, puis Mulhouse et
enfin Tours. Au total, j’ai joué durant onze
années en première division française.
J’ai même été le premier Américain
à évoluer en équipe de France, puisque
je dispose de la double nationalité.
P.T. :
Le contact avec la France et l’évolution du jeu
vous ont surpris ?
B.W. :
Non, à vrai dire, au moment où je suis arrivé
en France, les forces entre les USA et l’Europe étaient
en train de s’équilibrer. C’est d’ailleurs
dans cette optique que des joueurs comme moi quittions le
pays. Depuis, l’écart n’a pas vraiment
changé. Les joueurs sont peut-être plus «
physiques » de chaque côté, mais là
encore, tout cela s’équilibre.
P.T. :
L’un des pionniers en tant que joueur et le premier
« Américain » à jouer en équipe
de France, vous êtes un habitué des premières
fois, qu’il s’agisse de basket comme du reste.
B.W. :
C’est vrai, j’ai été l’un
des premiers propriétaires de Mc Donald’s en
France, c’était à Mulhouse. Pour moi,
Américain titulaire d’un diplôme de management,
il était presque naturel d’ouvrir un Mc Do. Mais
j’ai finalement abandonné la restauration rapide
pour me consacrer à ce que je connaissais le mieux,
le sport et l’activité de remise en forme.
Ainsi, lorsqu’il a été question de reconversion,
je me suis rapproché d’un groupe de médecins,
pour réfléchir aux fondements de la remise en
forme. Nous sommes assez vite tombés d’accord
sur le fait que la musculation pure et dure n’était
pas la clé. Je me suis ainsi orienté vers le
cardio-training. Et ce n’est pas dans les salles de
sport que j’ai développé mes idées,
mais auprès des entreprises. La première, en
1984, était… Apple (comme par hasard, une entreprise
Américaine, NDLR), située dans l’Essonne
aux Ulis. Je me souviens qu’à l’époque
une très grande enseigne de clubs de remise en forme
m’avait assuré que cela ne fonctionnerait pas.
P.T. :
Vous avez pourtant porté la bonne parole du cardio-training
durant près de 20 ans ?
B.W. :
J’ai effectivement développé l’idée
d’un rapport personnel avec les gens et celle d’une
approche globale de la forme et de la santé, qui dépassait
largement le côté visible que l’on développe
habituellement dans une salle de sport.
Il ne suffit pas de faire gonfler les muscles pour être
bien. Il faut travailler l’intérieur et notamment
le cœur.
P.T. :
Ce qui était vrai hier ne le serait donc plus aujourd’hui,
pourquoi se repositionner aujourd’hui ?
B.W. :
Le cardio-training demeure un impératif, mais pour
intéresser les gens et être ef-ficace avec eux,
il faut pratiquer autrement.
Aujourd’hui, le cardio, c’est fini ! J’ai
eu la chance de participer cet été à
l’émission de France 3 : « l’Eté
de tous les records ». J’ai sillonné la
France avec Pierre Sled, l’animateur, et j’étais
au contact direct des gens. Il leur faut du concret. Des résultats
visibles en un minimum de temps. Pas forcément en termes
de muscles, mais en termes de santé.
Vous savez, le public est largement informé, aujourd’hui
; il connaît les différentes techniques et matériels.
Bien souvent ils ont essayé plusieurs techniques sans
grands résultats. Mais surtout, si la majorité
du public souhaite que ses efforts soient payants, elle veut
avant tout qu’ils soient utiles. Depuis, je raisonne
donc en termes de santé au quotidien. Qu’est-ce
qu’un exercice ou un entraînement peut apporter
dans la vie de tous les jours ?
P.T. :
Et vous avez la réponse ?
B.W. :
Oui, cela s’appelle le Cross-Training. Une méthode
que je développe encore une fois en entreprises (Sanofi,
Rhône Poulenc, etc.). Ici, les outils ont moins d’importance
que le prof et l’élève. Cela dépasse
le cardio-training et le coaching (que les clubs essaient
d’instaurer en dépit du bon sens). Et finalement
des gens ordinaires arrivent à faire des choses extraordinaires.
Les résultats sont époustouflants et bien sûr,
vous me permettrez de rester assez discret sur le détail
de cette méthode.
P.T. :
Certes, mais tout de même…
B.W. :
Bon, disons qu’aujourd’hui les gens connaissent
leurs besoins, ce qu’ils ne savent pas, c’est
le moyen d’atteindre un objectif. La proximité,
l’explication deviennent alors des éléments
capitaux. Mon système est également basé
sur le mouvement, plus que sur un matériel particulier.
Tout le monde a assez de muscle pour vivre au quotidien, il
n’est donc pas impératif d’en rajouter
sur le plan de la masse. Ce qui est important, c’est
de comprendre le mouvement, le geste et d’associer un
exercice à un geste familier. La pédagogie,
l’explication du corps (sans aller jusqu’à
des cours d’anatomie ou de physiologie) font partie
intégrante de la méthode.
P.T. :
Cela signifie que vous travaillez avec des spécialistes,
des médecins…
B.W. :
Evidemment. Il faut lier le médical au sport, c’est
ce que je fais depuis le début. J’ai toujours
fonctionné de la sorte et les matériels que
j’utilise sont toujours en rapport avec cette idée.
Je suis toujours à la recherche de nouveauté
ou de développement de matériels existants,
comme les elliptiques, les rameurs ou les steps que j’utilise
régulièrement.
P.T. :
Vous travaillez avec le monde de l’entreprise, les cliniques
ou les hôtels de luxe, pourquoi ne pas développer
vos idées avec les salles de remise en forme ?
B.W. :
Parce que les clubs n’ont pas évolué dans
leur mentalité. Ils en sont toujours à ouvrir
des espaces en libre-service en pensant davantage à
la commercialisation qu’aux gens qu’ils ont fait
venir. Même l’introduction du coaching dans les
clubs est faite en dépit du bon sens.
Le principe du « one to one » est beaucoup trop
timide, la relation avec le client n’est pas assez forte.
On doit « récompenser » un adhérent
lorsqu’il vient à la salle…
Et puis les notions de services en règle général
ne sont pas respectées : l’hygiène, la
qualité, la communication, l’environnement, le
décor… Tout fait défaut.
Crédit Photo : BARRY WHITE
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