N° 41 juin/juil./août  2004
Stella
DIBLIK

Une personnalité incontournable dans le milieu sportif en Italie et tout particulièrement au niveau du fitness italien


Par Michel Pajol
Salon Mondial Body Fitness
Le SNEF fait son bilan et prépare la rentrée 
Rencontre : Odiah SIDIBE
Interview : Erwan MADEC
Zoom sur... COACH SPORT Natural Nutrition
Prestige : MONTREUX PALACE
Portrait : Stella DIBLIK
En direct des clubs : MOVING EURALILLE
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Prestige : L'HOTEL MEURICE
En direct des clubs : Espace WELLNESS et FITNESS LAND à NICE
International news : Mission 2004 du GROUPE   PLANET FITNESS
Parcours : Energie en mouvement
Michel PAJOL : Revenons sur votre fulgurante ascension... vous avez démarré très jeune ?

Stella DIBLIK : Comme toutes les petites filles, je voulais suivre des cours de danse classique et cela dès mes 4 ans. J’adorais la danse et la musique et évidemment je voulais tout faire tout de suite. Alors ma mère m’a inscrite d’abord à la Maison de la Culture André Malraux puis au Grand Théâtre de Reims. Tout en continuant la danse classique, j’ai aussi suivi des cours de jazz, des cours de patins à glace et puis je faisais de la gymnastique artistique où je n’étais d’ailleurs pas trop mauvaise (j’ai eu quelques médailles). Mais tout ce sport devenait assez lourd à concilier avec l’école alors j’ai fait un choix qui s’est orienté vers ma véritable passion : la danse. Je vous avoue que je voulais déjà en faire mon métier mais bien que je sois relativement douée (modestie à part), mon corps n’avait pas les mensurations requises.
Mais j’ai quand même dansé pour des opérettes (« L’Auberge du Cheval Blanc », « Balalaïka »…), dans des films (« Vive la Vie » de C. Lelouch, « Marche à L’ombre » de M. Blanc…) et j’ai même fait des apparitions à la télévision (« La Dernière Séance », « Ciel mon Mardi »…).

A 18 ans, mon bac en poche, je suis allée vivre à Paris où je suivais des cours avec les plus grands chorégraphes au studio« Paris Centre » en parallèle de mes études de langues à la Sorbonne. A l’époque, La Sorbonne avait aussi un cursus en danse que j’ai suivi pendant 3 ans ce qui m’a d’ailleurs permis par la suite d’obtenir une dispense d’obtention de diplôme (que j’ai quand même passé et eu) par la D.R.A.C.H.

A Paris, je passais toutes les auditions car je voulais me spécialiser, mais trouver des petits jobs dans ce secteur n’était pas facile alors c’est très naturellement que j’ai proposé mes services en tant que professeur de danse dans des MJC, relativement confiante car j’avais déjà fait mes premiers pas dans l’enseignement lorsque j’allais au Club Med avec mes parents et où j’avais donné gratuitement des cours.

En 1986, j’avais alors 21 ans, j’ai eu l’opportunité de faire un échange avec l’Italie dans le cadre de la Communauté Européenne et je suis partie à Turin où j’ai commencé à mélanger les cours de danse aux cours de fitness, et ce fut une véritable révélation : Les gens adoraient… et moi aussi.
J’ai aussi participé aux premiers cham-pionnats d’aérobic en 1989 en Italie et au « Miss Fitness » en 1990 à Paris, où je me suis bien placée dans les deux cas. En 1990, j’ai rencontré Madame Newburgh qui était responsable du plus beau SPA (Salute per Acqua) d’Europe et qui m’a proposé de venir travailler dans son centre en tant que responsable fitness et PR. Grâce à elle, j’ai pu voyager à l’étranger (USA, Angleterre, Hongrie, Allemagne, île Maurice…) et faire mes premières armes en « personal training » avec des personnages célèbres comme Ray Charles, Franco Zefirelli, Sydney Rome, les sœurs Fendi… pour ne citer que les plus connus en France.

En 1992, je suis rentrée en France et j’ai commencé à donner des cours entre Reims et Paris. C’est à cette époque que j’ai rencontré Christophe Andanson et Claudie Foucher qui m’ont donné la possibilité d’enseigner à Espace Vit’Halles et celle de devenir juge pour les championnats d’aérobic français. C’est aussi grâce à Christophe que je suis devenue consultante pour des émissions sportives sur France 2 et Eurosport et que j’écrivais dans des magazines spécialisés tels que« Santé Magazine », « Muscle et Fitness », « Fit Mag », « Santé et Sport »…..
Je dois dire que je lui dois beaucoup et encore aujourd’hui j’essaie d’être toujours présente lorsqu’il y a des évènements sportifs qu’il organise en France !

M.P. : Comment avez-vous atterri en Italie et pourquoi y êtes-vous restée au point de vous y installer et d’y faire votre vie ?

S.D. : En 1993, j’ai rencontré un italien (qui est devenu par la suite le père de mon fils Julian), qui habitait Venise et qui m’a proposé de venir vivre avec lui ; et comme l’Italie me manquait (et que j’étais très amoureuse) je n’ai pas hésité une seule seconde. Les challenges ne m’ont jamais fait peur ni dans ma vie professionnelle ni dans ma vie privée alors me revoilà partie à la recherche de cours. Très vite je me suis rendue compte que le marché italien du fitness avait un énorme potentiel et pas seulement en ce qui concernait les cours à donner et avec le soutien de Maurizio, j’ai créé en 1995 ma première entreprise individuelle pour réaliser des conventions fitness avec l’appui de grosses marques tel que Diadora, Coca Cola, Kellogg’s…pour n’en citer que quelques-unes. Ma passion pour le fitness avait enfin trouvé sa voie grâce à la réalisation de ces évènements sportifs.

M.P. : Avez-vous senti dès votre arrivée dans le pays et ressentez-vous encore aujourd’hui, cette différence de culture en terme de remise en forme et de fitness ?

S.D. : Non, sincèrement j’ai toujours eu la sensation que les italiens étaient très ouverts au même titre que les français même si le marché italien était bien plus en avance que le milieu du fitness français. Et puis, on me « pardonnait » un peu tout car j’étais la « petite » française et cela me permettait aussi de m’ouvrir plus facilement les portes des grosses sociétés que je voulais contacter.

M.P. : Parlez-nous du marché du fitness en Italie comparativement à la France et vos actions dans ce milieu ?

S.D. : L’Italie compte un peu plus de 7200 clubs recensés (mais beaucoup ne le sont pas) et plus de 12 millions d’italiens fréquentent les clubs de gym. Cela représente plus du double de la France. Chaque week-end, il y a des stages de fitness et la concurrence est rude, beaucoup plus qu’en France. De plus, l’Italie est la spécialiste en matière de « clone » et vous pouvez ainsi trouver plus de 5 différents types de « Pump », 8 de « Biking », 6 de« Combat » pour ne donner qu’un seul exemple de copies liées aux techniques Les Mills.
Il est donc très difficile d’y faire son nid mais j’ai eu beaucoup de chance et toutes mes conventions fitness ont toujours eu un énorme succès. Celle que j’organise fin octobre (du 30 octobre au 1 novembre 2004), et ce depuis 8 ans, pendant le Salon de Padoue, compte plus de 1400 participants venant de toute l’Italie et de l’étranger qui suivent plus de 40 masterclass présentées par 20 presenters internationaux ; et c’est aussi la plus importante convention de fitness d’Italie. Beaucoup de français y participent d’ailleurs chaque année.

M.P. : Quelle est aujourd’hui votre activité principale ?

S.D. : J’ai un peu délaissé l’organisation des stages fitness, me concentrant sur seulement deux ou trois évènements sportifs de grande importance à l’année et je me suis tournée vers le marketing lié au fitness et au sport en particulier et à la promotion en général.
Aujourd’hui j’ai la chance de créer des actions pour des sociétés telles que : Lancaster, Ralph Lauren, Danone, Gillette, Coca Cola, Nestlé, Côte D’or, Asics, Meeting… et bien d’autres encore pour lesquelles je réalise des évènements dans les clubs de remise en forme, sur les plages, dans les discothèques, les écoles, les aéroports, les golf clubs ou sur les pistes de ski.

J’aime beaucoup faire ce que l’on appelle dans le jargon du « marketing sensoriel », c’est à dire provoquer le besoin d’acheter un produit après l’avoir goûté, senti, vu ou même entendu. En bref, j’essaie de mettre en contact des produits surtout « wellness » et pas seulement, avec une future et potentielle clientèle. C’est très stimulant car il n’y a pas deux promotions qui se ressemblent et pour moi chaque nouveau produit est un challenge à conquérir si l’on veut satisfaire le client et surtout le garder à long terme.

M.P. : Et quelles sont vos activités annexes ?

S.D. : Ma passion pour le fitness m’a amenée à devenir présidente de la Fisaf en Italie et à ce titre j’organise chaque année des championnats nationaux. Je fais aussi partie du comité exécutif de la Fisaf Internationale et cela me demande bien évidemment du temps pour voyager.Je continue toujours à écrire en tant que consultante pour de nombreuses revues italiennes telles que Glamour, Donna Moderna, Marie Claire…

Et puis comme tout cela ne m’occupe que 365 jours par an, je m’occupe, en tant qu’agent, de la carrière de certains excellents presenters telles que Milo Levell (USA), Edson Guiu (Brésil), Giulio Evangelista (Italie), sans parler de Lionel Lacolas et Audrey Fourcade que l’on ne présente plus en France. Et puis, j’ai une affection toute particulière pour celle que je considère comme ma « petite sœur », Laure Courtellemont, que j’ai aidée au lancement du Ragga Jam et qui fait une ascension fulgurante dans tous les pays du globe. Je suis vraiment fière d’elle car c’est une personne vraie, entière et respectueuse de la nature humaine, sur qui l’on peut toujours compter et qui est une professionnelle hors pair. C’est un peu au travers d’elle que je me réalise lorsqu’elle se produit sur les scènes du monde entier et depuis peu à la télévision française.

M.P. : Vous avez, à ce jour, créé trois structures professionnelles indépendantes. Quel est le rôle de chacune d’entre elles et pourquoi en avoir établi une en France alors que vous êtes basée en Italie ?

S.D. : « Fitness Inversement SRL » gère toute la partie marketing, business avec les multi-nationales, « Fitness Contact International » est une association sportive qui organise et réalise les évènements sportifs et mon entreprise individuelle française « Fitness Communication International » est née dans l’optique de développer en France un marketing analogue à celui de l’Italie, lié au target de potentiels clients actifs dans le sport.

M.P. : Quels sont vos projets ?

S.D. : J’en ai beaucoup car avoir des idées me permet de ne jamais m’ennuyer mais à court terme, je suis focalisée sur l’organisation des animations durant le Festival du Fitness de Rimini qui se déroulera du 5 au 13 juin, sur la réalisation d’un « challenge Club Med » itinérant en Italie dont la finale se déroulera en Juillet dans le nouveau village Byssatis en Tunisie en même temps qu’un stage fitness ouvert à tous, sur une tournée estivale des plages en bateau à voile pour la promotion d’un nouveau produit et bien entendu sur l’organisation de ma convention de Padoue. Et puis j’aimerais beaucoup faire une petite sœur à Julian alors il va falloir que j’y pense sérieusement !

M.P. : Vos activités semblent vous occuper 7 jours/7, 24 heures/24 et 365 jours par an. L’année bissextile en cours vous permettra-elle de vous octroyer un jour de congés !!!

S.D. : Mon travail c’est ma passion et même si je n’ai pas pris de vraies vacances depuis janvier 2003, je ne souffre pas du tout de cette hyper activité. Mais bon, il faudra quand même que je pense à m’arrêter quelques jours au moins pour chouchouter ma petite famille.

M.P. : Enfin, qui souhaitez-vous remercier pour en être arrivée là où vous en êtes aujourd’hui ?

S.D. : Sans les personnes dont je vais vous parler, je n’aurais pas eu la chance de faire le plus beau métier du monde à mes yeux. Alors un immense merci à mes parents Annie et Jean qui m’ont aidée dans tous mes projets les plus fous, à Christophe Andanson qui m’a mis le pied à l’étrier dans le fitness, à Stéphane Barthélémi (Chairman de la Fisaf Compétition Internationale) et Valérie Graziano (responsable Fisaf Education en France) qui m’ont toujours soutenue dans ma vie privée comme professionnelle, à Laure Courtellemont qui est ma petite étoile, à tous les responsables de sociétés qui ont cru en moi dès le début et bien évidemment à Maurizio qui a été le grand instigateur et responsable de mon ascension en sachant toujours rester ma force vitale.

Crédit Photos : MAURIZIO DE BEI