Michel
PAJOL : Revenons sur votre fulgurante
ascension... vous avez démarré très jeune
?
Stella DIBLIK :
Comme toutes les petites filles, je voulais suivre des cours
de danse classique et cela dès mes 4 ans. J’adorais
la danse et la musique et évidemment je voulais tout
faire tout de suite. Alors ma mère m’a inscrite
d’abord à la Maison de la Culture André
Malraux puis au Grand Théâtre de Reims. Tout
en continuant la danse classique, j’ai aussi suivi des
cours de jazz, des cours de patins à glace et puis
je faisais de la gymnastique artistique où je n’étais
d’ailleurs pas trop mauvaise (j’ai eu quelques
médailles). Mais tout ce sport devenait assez lourd
à concilier avec l’école alors j’ai
fait un choix qui s’est orienté vers ma véritable
passion : la danse. Je vous avoue que je voulais déjà
en faire mon métier mais bien que je sois relativement
douée (modestie à part), mon corps n’avait
pas les mensurations requises.
Mais j’ai quand même dansé pour des opérettes
(« L’Auberge du Cheval Blanc », «
Balalaïka »…), dans des films (« Vive
la Vie » de C. Lelouch, « Marche à L’ombre
» de M. Blanc…) et j’ai même fait
des apparitions à la télévision («
La Dernière Séance », « Ciel mon
Mardi »…).
A 18 ans, mon bac en poche, je suis allée vivre à
Paris où je suivais des cours avec les plus grands
chorégraphes au studio« Paris Centre »
en parallèle de mes études de langues à
la Sorbonne. A l’époque, La Sorbonne avait aussi
un cursus en danse que j’ai suivi pendant 3 ans ce qui
m’a d’ailleurs permis par la suite d’obtenir
une dispense d’obtention de diplôme (que j’ai
quand même passé et eu) par la D.R.A.C.H.
A Paris, je passais toutes les auditions car je voulais me
spécialiser, mais trouver des petits jobs dans ce secteur
n’était pas facile alors c’est très
naturellement que j’ai proposé mes services en
tant que professeur de danse dans des MJC, relativement confiante
car j’avais déjà fait mes premiers pas
dans l’enseignement lorsque j’allais au Club Med
avec mes parents et où j’avais donné gratuitement
des cours.
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En
1986, j’avais alors 21 ans, j’ai eu l’opportunité
de faire un échange avec l’Italie dans
le cadre de la Communauté Européenne et
je suis partie à Turin où j’ai commencé
à mélanger les cours de danse aux cours
de fitness, et ce fut une véritable révélation
: Les gens adoraient… et moi aussi.
J’ai aussi participé aux premiers cham-pionnats
d’aérobic en 1989 en Italie et au «
Miss Fitness » en 1990 à Paris, où
je me suis bien placée dans les deux cas. En
1990, j’ai rencontré Madame Newburgh qui
était responsable du plus beau SPA (Salute per
Acqua) d’Europe et qui m’a proposé
de venir travailler dans son centre en tant que responsable
fitness et PR. Grâce à elle, j’ai
pu voyager à l’étranger (USA, Angleterre,
Hongrie, Allemagne, île Maurice…) et faire
mes premières armes en « personal training
» avec des personnages célèbres
comme Ray Charles, Franco Zefirelli, Sydney Rome, les
sœurs Fendi… pour ne citer que les plus connus
en France.
En 1992, je suis rentrée en France et j’ai
commencé à donner des cours entre Reims
et Paris. C’est à cette époque que
j’ai rencontré Christophe Andanson et Claudie
Foucher qui m’ont donné la possibilité
d’enseigner à Espace Vit’Halles et
celle de devenir juge pour les championnats d’aérobic
français. C’est aussi grâce à
Christophe que je suis devenue consultante pour des
émissions sportives sur France 2 et Eurosport
et que j’écrivais dans des magazines spécialisés
tels que« Santé Magazine », «
Muscle et Fitness », « Fit Mag »,
« Santé et Sport »….. |
Je dois dire que je lui dois beaucoup et encore aujourd’hui
j’essaie d’être toujours présente
lorsqu’il y a des évènements sportifs
qu’il organise en France !
M.P. :
Comment avez-vous atterri en Italie et pourquoi y êtes-vous
restée au point de vous y installer et d’y faire
votre vie ?
S.D. :
En 1993, j’ai rencontré un italien (qui est devenu
par la suite le père de mon fils Julian), qui habitait
Venise et qui m’a proposé de venir vivre avec
lui ; et comme l’Italie me manquait (et que j’étais
très amoureuse) je n’ai pas hésité
une seule seconde. Les challenges ne m’ont jamais fait
peur ni dans ma vie professionnelle ni dans ma vie privée
alors me revoilà partie à la recherche de cours.
Très vite je me suis rendue compte que le marché
italien du fitness avait un énorme potentiel et pas
seulement en ce qui concernait les cours à donner et
avec le soutien de Maurizio, j’ai créé
en 1995 ma première entreprise individuelle pour réaliser
des conventions fitness avec l’appui de grosses marques
tel que Diadora, Coca Cola, Kellogg’s…pour n’en
citer que quelques-unes. Ma passion pour le fitness avait
enfin trouvé sa voie grâce à la réalisation
de ces évènements sportifs.
M.P. :
Avez-vous senti dès votre arrivée dans le pays
et ressentez-vous encore aujourd’hui, cette différence
de culture en terme de remise en forme et de fitness ?
S.D. :
Non, sincèrement j’ai toujours eu la sensation
que les italiens étaient très ouverts au même
titre que les français même si le marché
italien était bien plus en avance que le milieu du
fitness français. Et puis, on me « pardonnait
» un peu tout car j’étais la « petite
» française et cela me permettait aussi de m’ouvrir
plus facilement les portes des grosses sociétés
que je voulais contacter.
M.P. :
Parlez-nous du marché du fitness en Italie comparativement
à la France et vos actions dans ce milieu ?
S.D. :
L’Italie compte un peu plus de 7200 clubs recensés
(mais beaucoup ne le sont pas) et plus de 12 millions d’italiens
fréquentent les clubs de gym. Cela représente
plus du double de la France. Chaque week-end, il y a des stages
de fitness et la concurrence est rude, beaucoup plus qu’en
France. De plus, l’Italie est la spécialiste
en matière de « clone » et vous pouvez
ainsi trouver plus de 5 différents types de «
Pump », 8 de « Biking », 6 de« Combat
» pour ne donner qu’un seul exemple de copies
liées aux techniques Les Mills.
Il est donc très difficile d’y faire son nid
mais j’ai eu beaucoup de chance et toutes mes conventions
fitness ont toujours eu un énorme succès. Celle
que j’organise fin octobre (du 30 octobre au 1 novembre
2004), et ce depuis 8 ans, pendant le Salon de Padoue, compte
plus de 1400 participants venant de toute l’Italie et
de l’étranger qui suivent plus de 40 masterclass
présentées par 20 presenters internationaux
; et c’est aussi la plus importante convention de fitness
d’Italie. Beaucoup de français y participent
d’ailleurs chaque année.
M.P. :
Quelle est aujourd’hui votre activité principale
?
S.D. :
J’ai un peu délaissé l’organisation
des stages fitness, me concentrant sur seulement deux ou trois
évènements sportifs de grande importance à
l’année et je me suis tournée vers le
marketing lié au fitness et au sport en particulier
et à la promotion en général.
Aujourd’hui j’ai la chance de créer des
actions pour des sociétés telles que : Lancaster,
Ralph Lauren, Danone, Gillette, Coca Cola, Nestlé,
Côte D’or, Asics, Meeting… et bien d’autres
encore pour lesquelles je réalise des évènements
dans les clubs de remise en forme, sur les plages, dans les
discothèques, les écoles, les aéroports,
les golf clubs ou sur les pistes de ski.
J’aime beaucoup faire ce que l’on appelle dans
le jargon du « marketing sensoriel », c’est
à dire provoquer le besoin d’acheter un produit
après l’avoir goûté, senti, vu ou
même entendu. En bref, j’essaie de mettre en contact
des produits surtout « wellness » et pas seulement,
avec une future et potentielle clientèle. C’est
très stimulant car il n’y a pas deux promotions
qui se ressemblent et pour moi chaque nouveau produit est
un challenge à conquérir si l’on veut
satisfaire le client et surtout le garder à long terme.
M.P. :
Et quelles sont vos activités annexes ?
S.D. :
Ma passion pour le fitness m’a amenée à
devenir présidente de la Fisaf en Italie et à
ce titre j’organise chaque année des championnats
nationaux. Je fais aussi partie du comité exécutif
de la Fisaf Internationale et cela me demande bien évidemment
du temps pour voyager.Je continue toujours à écrire
en tant que consultante pour de nombreuses revues italiennes
telles que Glamour, Donna Moderna, Marie Claire…
Et puis comme tout cela ne m’occupe que 365 jours par
an, je m’occupe, en tant qu’agent, de la carrière
de certains excellents presenters telles que Milo Levell (USA),
Edson Guiu (Brésil), Giulio Evangelista (Italie), sans
parler de Lionel Lacolas et Audrey Fourcade que l’on
ne présente plus en France. Et puis, j’ai une
affection toute particulière pour celle que je considère
comme ma « petite sœur », Laure Courtellemont,
que j’ai aidée au lancement du Ragga Jam et qui
fait une ascension fulgurante dans tous les pays du globe.
Je suis vraiment fière d’elle car c’est
une personne vraie, entière et respectueuse de la nature
humaine, sur qui l’on peut toujours compter et qui est
une professionnelle hors pair. C’est un peu au travers
d’elle que je me réalise lorsqu’elle se
produit sur les scènes du monde entier et depuis peu
à la télévision française.
M.P. :
Vous avez, à ce jour, créé trois structures
professionnelles indépendantes. Quel est le rôle
de chacune d’entre elles et pourquoi en avoir établi
une en France alors que vous êtes basée en Italie
?
S.D. :
« Fitness Inversement SRL » gère toute
la partie marketing, business avec les multi-nationales, «
Fitness Contact International » est une association
sportive qui organise et réalise les évènements
sportifs et mon entreprise individuelle française «
Fitness Communication International » est née
dans l’optique de développer en France un marketing
analogue à celui de l’Italie, lié au target
de potentiels clients actifs dans le sport.
M.P. :
Quels sont vos projets ?
S.D. :
J’en ai beaucoup car avoir des idées me permet
de ne jamais m’ennuyer mais à court terme, je
suis focalisée sur l’organisation des animations
durant le Festival du Fitness de Rimini qui se déroulera
du 5 au 13 juin, sur la réalisation d’un «
challenge Club Med » itinérant en Italie dont
la finale se déroulera en Juillet dans le nouveau village
Byssatis en Tunisie en même temps qu’un stage
fitness ouvert à tous, sur une tournée estivale
des plages en bateau à voile pour la promotion d’un
nouveau produit et bien entendu sur l’organisation de
ma convention de Padoue. Et puis j’aimerais beaucoup
faire une petite sœur à Julian alors il va falloir
que j’y pense sérieusement !
M.P. :
Vos activités semblent vous occuper 7 jours/7, 24 heures/24
et 365 jours par an. L’année bissextile en cours
vous permettra-elle de vous octroyer un jour de congés
!!!
S.D. :
Mon travail c’est ma passion et même si je n’ai
pas pris de vraies vacances depuis janvier 2003, je ne souffre
pas du tout de cette hyper activité. Mais bon, il faudra
quand même que je pense à m’arrêter
quelques jours au moins pour chouchouter ma petite famille.
M.P. :
Enfin, qui souhaitez-vous remercier pour en être arrivée
là où vous en êtes aujourd’hui ?
S.D. :
Sans les personnes dont je vais vous parler, je n’aurais
pas eu la chance de faire le plus beau métier du monde
à mes yeux. Alors un immense merci à mes parents
Annie et Jean qui m’ont aidée dans tous mes projets
les plus fous, à Christophe Andanson qui m’a
mis le pied à l’étrier dans le fitness,
à Stéphane Barthélémi (Chairman
de la Fisaf Compétition Internationale) et Valérie
Graziano (responsable Fisaf Education en France) qui m’ont
toujours soutenue dans ma vie privée comme professionnelle,
à Laure Courtellemont qui est ma petite étoile,
à tous les responsables de sociétés qui
ont cru en moi dès le début et bien évidemment
à Maurizio qui a été le grand instigateur
et responsable de mon ascension en sachant toujours rester
ma force vitale.
Crédit Photos : MAURIZIO DE BEI
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