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41 juin/juil./août 2004 |
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Odiah
Sidibé
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La
championne du monde du 4 x 100 m
se
reconvertit dans le fitness
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Après
sa dernière grande sortie en tant que compétitrice
aux Jeux Olympiques (13 au 30 août 2004), Odiah Sidibé
(parisienne de 34 ans) compte prendre sa retraite des pistes,
mais pas du sport pour autant. La championne du monde du 4 x 100
m, à Saint-Denis en 2003 (capitaine de l’équipe
de France), championne d’Europe au 4 x 100 m à Munich
en 2002 et vice-cham-pionne de France du 100 m en 2001 et 2002
sera coach et prof de fitness. Gros plan sur une reconversion
préparée.
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Pascal
TURBIL :
Avant d’aborder votre fin de carrière et votre
reconversion, revenons sur cette histoire de prime qui vient
de secouer le relais féminin.
Odiah SIDIBE :
On ne s’entendait déjà pas très
bien, alors avec cette affaire…
L’histoire porte sur les 80 000 dollars (66 000 euros
environ) attribués par la Fédération
Internationale (IAAF) pour la médaille d’or aux
Championnats du Monde de Paris/Saint-Denis d’août
dernier. Comme l’IAAF décerne six médailles
(4 pour les titulaires et 2 pour les remplaçantes),
la FFA partage la prime en six parts égales. Et les
quatre titulairesn’étaient pas d’accord
(Patricia Girard, Muriel Hurtis, Sylviane Félix et
Christine Arron). Elles voulaient garder 90 % de la somme
et ne laisser que 10 % aux deux remplaçantes (Odiah
Sidibé et Véronique Mang, qui ont participé
aux stages d’entraînement). Heureusement, tout
est rentré dans l’ordre. La règle qui
valait jusqu’alors a été conservée
et elle sera appliquée à Athènes pour
les prochains J.O.
P.T. : Craignez-vous
que cela influence les prochains résultats et notamment
ceux des J.O. ?
O.S. : Pas du
tout. Nous savons rester professionnelles sur la piste. On
ne s’entend pas, c’est un fait, mais le témoin
doit aller jusqu’au bout. Et c’est généralement
ce qu’il se passe.
P.T. : C’est
décidé, les Jeux Olympiques d’Athènes
seront votre dernier grand rendez-vous ?
O.S. : Oui,
c’est mon dernier objectif en tant que compétitrice
de très haut niveau. Je vais me concentrer sur le 100
m et sur le 4 x 100 m. J’ai été opérée
en septembre d’une hernie discale, mais mes ambitions
demeurent. Je vais boucler ma carrière avec les Jeux
d’Athènes et je m’entraîne dur pour
cela. C’est la dernière ligne droite de ma carrière…
Je pourrai enfin faire un bébé.
P.T. : Et puis,
il y a votre nouvelle carrière…
O.S. : Oui,
depuis déjà plusieurs années je pense
me reconvertir dans le coaching et le fitness. J’en
avais déjà eu une approche via mes sponsors
(Adidas et la Fédération Française d’Athlétisme),
qui m’avaient trouvé, il y a deux ans, une place
d’hôtesse chez Waou à Bercy. Malheureusement,
cela ne s’était pas bien passé car le
directeur de l’époque n’a pas accepté
mon rythme de travail et notamment les nombreux entraînements
que je devais suivre en tant qu’athlète de l’équipe
de France.
P.T. : Mais
vous êtes déjà coach.
O.S. : Oui,
je suis titulaire d’un BEES 1er et 2e degrés
en préparation physique générale. Ce
qui me permet de travailler en tant que personal trainer depuis
déjà trois ans. Mes clients sont des gens qui
apprécient mon vécu de championne, qui me font
confiance quant à des objectifs et à la préparation.
Ils savent que j’ai l’expérience. Et puis
comme j’ai souvent été blessée
et que je suis toujours revenue à mon meilleur niveau,
on a tendance à me faire confiance aussi sur ce point.
Je sais ce que l’on peut faire, ce qu’il faut
impérativement éviter, ou encore quelle est
la marge de progression ou le but à atteindre sans
brûler les étapes. Je sais ce que c’est
que de repartir de zéro, de reprendre une activité
sportive et d’optimiser son potentiel physique et moral.
Je sais gérer l’effort et c’est également
très important dans le coaching. De fait, mes points
forts sont essentiellement les fondamentaux de la préparation
physique, la musculation. Mais attention, si je sais que (parfois)
des clients me sollicitent pour mon palmarès sportif,
il faut impérativement que les résultats suivent,
sinon ils changent de coach. Et heureusement, je conserve
mes clients.
P.T. : Vos points
forts sont les fondamentaux, vous êtes donc plutôt
bien placée pour répondre à une demande
aussi basique qu’éternelle en terme de remise
en forme ?
O.S. : Effectivement,
j’interviens beaucoup pour du renforcement musculaire
ou de la musculation pure. En clair, les hommes me demandent
de leur faire perdre leur ventre et les femmes veulent combattre
la culotte de cheval. La réponse est simple : musculation
et abdos pour les premiers et abdo-fessiers pour les autres.
Je pratique aussi les étirements, je me suis spécialisée
dans le stretching issu de la méthode Mézières.
Quels que soient les objectifs, les étirements font
partie des fondamentaux.
P.T. : Votre
objectif est également de travailler en salle ?
O.S. : C’est
mon but, mais je sais qu’il me faut encore me former.
C’est pour cela qu’après les Jeux Olympiques
d’Athènes, j’irai au CREPS de Chatenay-Malabry
pour passer un diplôme des métiers de la forme.
Je sais aussi qu’il faut de la pratique en salle. Il
faudra donc que je tavaille en parallèle au contact
de la clientèle de salle, avec ses habitudes et ses
exigences.
P.T. : Vous
auriez également pu orienter votre carrière
dans d’autres domaines ?
O.S. : C’est
vrai que j’adore la mode. Au début des années
2000, j’ai tâté du mannequinât, mais
il faut avouer que je ne correspondais pas vraiment aux critères.
Les filles sont très très minces et moi je suis
tout de même assez musclée. Il n’empêche,
à l’époque j’avais fait une pub
pour les magasins Leclerc.
P.T. : Vous
évoquiez tout à l’heure le fait d’avoir
un enfant après votre carrière sportive, vous
allez peut-être aussi pouvoir penser à vous détendre
?
O.S. : Pour
l’instant je ne connais la détente que sur le
plan de la compétition. Les massages et l’ostéopathie
pour la récupération et sauna et balnéo
en dehors des compétitions.
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Contact
: Odiah Sidibé : 06 62 49 25 91 - Email : odiahpussy@yahoo.fr
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Crédit
Photos : STEPHANE KEMPINAIRE POUR ODIAH SIDIBE
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