Michel PAJOL : Parlez-nous
un peu de vous et quel a été votre parcours
professionnel jusqu’à la direction du club ?
Olivier
BENOIT :
Pour copier les Bretons, je dirais que je suis « Vauclusien
de souche, Provençal de cœur, et Français
s’il en reste »… Etudiant perpétuel
de 43 ans, sportif par passion et par éthique (rugbyman,
nageur…).
Mon socle de formation est très éclectique :
après des études d’EPS (Maîtrise
et DEA STAPS, filière hautes performances) et divers
Brevets d’Etat, j’ai validé mes expériences
de terrain avec un Master de management, en école de
commerce, puis je me suis penché sur les techniques
de communication et j’ai passé un Master en PNL
(Programmation Neuro Linguistique).
Tout
ça en étant bien évidemment actif professionnellement
et en brassant de multiples activités (je suis un boulimique
de travail !) qui m’ont passionné, permis de
vivre et apporté une bonne expérience pratique
: Professeur d’EPS au lycée Français de
La Haye (Pays Bas) puis responsable EPS dans un centre pour
handicapés physiques et moteurs à Aubagne. Je
suis, encore aujourd’hui, Formateur en psychopédagogie
des APS à Montpellier et j’anime également
un gros club de « bébés nageurs »
et « coaching parental »…
J’ai créé le club que je dirige aujourd’hui
il y a 14 ans, parallèlement à tout ça,
par passion mais aussi un peu comme un laboratoire expérimental
tant il faut jongler entre management, marketing, technicité,
vente, gestion…
M.P.
: Présentez-nous
votre club (situation géographique, superficie, nombre
d’adhérents, équipement, encadrement)
et parlez-nous des activités que vous proposez au sein
de votre établissement.
O.B.
: A 10 minutes de Marseille
et des calanques de Cassis, Roquevaire est un des villages
d’Aubagne, au pied des collines du Garlaban chères
à Marcel PAGNOL. Mer, montagne, VTT, escalade, soleil,
qualité de vie, le club draine le nord d’Aubagne
et plusieurs villages de la vallée de l’Huveaune,
environ 80 000 habitants, très sollicités par
diverses activités et de multiples clubs… concurrents
et associatifs !
Le GYNECEE CLUB, c’est 800 m2 d’installations
dont une piscine extérieure et une terrasse en plein
air dédiée à la musculation. Beaucoup
de verdure, mezzanine en bois, plantes vertes… l’idée
étant que les gens ressentent des ondes positives dès
leur première visite. Notre potentiel d’adhérents
est trop limité pour que l’on se permette trop
de « turn over », et la convivialité est
une des clés, me semble-t-il, de la fidélisation.
Mon équipe est dans cette même philosophie, avec
en prime, beaucoup de maturité, d’expérience
et de compétence. La plupart sont là depuis
plus de 6 ans. Le projet d’activités tourne autour
de la prise en charge globale des adhérents : bilan
corporel régulier, accès à tout
l’éventail des activités du planning,
mais aussi coaching intégré à l’abonnement,
j’en reparlerai après.
M.P. :
Avez-vous mis en place des produits
annexes pour satisfaire vos abonnés et si oui lesquels
?
O.B.
: Notre principe est
de permettre et d’inciter nos abonnés au «
cross training », comme les vrais sportifs : toucher
à tout, cours collectifs, cardio, musculation, avec
coaching dès le départ et programmation sur
bilan corporel. Un planning de cours le plus varié
possible… avec des cours spécifiques comme «
ostéostretching » que j’ai conçu
il y a quelques années avec un ostéopathe de
renom, Shiatsu, Jazz ou encore le footing du samedi matin
! Il y a aussi les cours du Body Training System de Les MILLS
dont je suis fan et qui, à mon sens, sont un label
qualité pour les clubs, comme j’ai pu en juger
lors de mes deux voyages en Nouvelle Zélande, le paradis
des sportifs et du Fitness.
En
produit annexe, l’institut est un bon complément
avec le CelluM6, mais là encore, il faut la bonne approche
marketing et la personne compétente pour s’en
occuper…
Nous avons aussi les activités enfants qui permettent
aux parents de faire d’une pierre deux coups : école
du cirque, Star académie, Hip Hop et bébés
nageurs…
M.P.
: Que pensez-vous du
coaching, très à la mode actuellement ?
O.B.
: Déjà
en 1994, pour une question d’éthique mais aussi
pour nous démarquer de la concurrence en mettant en
avant notre différence, nous proposions du coaching
régulier et… « compris dans l’abonnement
» !
Le problème aujourd’hui, c’est de le vendre
en plus de l’abonnement ! Soit parce que nos adhérents
en ont pris l’habitude, soit parce que les nouveaux
ne comprennent pas qu’ils aient à payer et l’abonnement,
et le coaching ! Difficile d’intégrer ça
à la mentalité française…
Je compte beaucoup sur l’effet « mode »,
pour y parvenir, parce que malgré tout, pour qu’un
produit marche, il faut qu’il soit à la mode
et que les gens en entendent parler. Le problème vient
certainement aussi du fait, comme le dit mon ami Bruno GAYRAUD
de Planet Fitness, de
« savoir le vendre », puisque certains clubs en
France y parviennent, comme dans les pays anglo-saxons, à
50 € de l’heure ! En tous cas, je note que si on
sait ce que représente un cours particulier de ski
ou de tennis, il est plus difficile pour les gens de comprendre
ce qu’est le coaching. Ceux qui y ont goûté
en prennent conscience, sans forcément en être
de super consommateurs.
M.P.
: Quelles sont les caractéristiques
et les attentes de vos adhérents ?
O.B.
: L’éventail
est large dans la pyramide des âges (de 7 mois
à 77 ans), et dans les catégories socioprofessionnelles,
et plutôt fixé géographiquement
sur les environs, ce qui favorise la fidélisation.
Comme partout en France, l’attente principale
est de rencontrer des gens. Pas forcément pour
rencontrer l’âme sœur, mais pour la
convivialité. Ensuite viennent la forme, la santé,
la perte de poids. Enfin, il me semble que l’attente
la plus verbalisée aujourd’hui, c’est
« le prix le moins cher ». L’environnement
culturel et économique est peut-être spécifique
à la région, mais c’est en tous
cas un leitmotiv régulier ! |
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M.P.
: Parlez-nous de votre
équipe.
O.B.
: Je dis souvent que
« j’ai une bonne équipe, en place depuis
des années, solide, expérimentée et fiable
» Ce
qui n’est pas évident dans le secteur…
En plateau cardio et musculation, Daniel, qui a été
personal-trainer au Gold Gym de Los Angeles, est un booster
de motivation, et Jean-Luc, récemment vice champion
d’Europe de la Fédération de Bodybuilding
Naturel, est le Monsieur Nutrition du club. Frédérique,
« l’inflexible », est notre super prof polyvalente
qui supervise les cours collectifs, le coaching, l’institut
et même l’accueil. Michèle, nouvelle dans
le métier, est chargée du commercial. L’équipe
est complétée par Mireille, Florence, Karine,
Cendryne, qui interviennent plus ponctuellement dans les cours
spécifiques, pour la plupart issues du club depuis
longtemps en tant que pratiquantes, et formées soit
par un cursus STAPS soit Les MILLS, complété
par « l’indispensable BE »…
M.P.
: Comment définiriez-vous
l’ambiance qui règne dans votre club ?
O.B.
: Convivialité,
Charisme, Compétence… l’ambiance se veut
sympa, tout en restant Pro.
M.P.
: Si vous ne deviez
en garder qu’une, qu’elle serait la valeur ajoutée
de votre club ?
O.B.
: En dehors de celles
que je viens de citer et auxquelles les adhérents sont
attachés, je dirais le cadre : à 2 pas de la
ville, mais au milieu de la verdure, collines, palmiers et
ciel bleu !
M.P.
: Quel est l’élément
actuel qui booste votre chiffre d’affaire ?
O.B.
: Le coaching, compris
dans l’abonnement ! La moitié de mes adhérents
sont là depuis 10 ans et plus…notamment pour
ce suivi.
M.P.
: Quels sont vos souhaits,
vos vœux pour 2005 ?
O.B.
: Mes souhaits : 33%
de chiffre d’affaire en plus, 20% de rentabilité,
70% de fidélisation…
Mes vœux, ce serait plutôt la TVA à 5,5
%, une baisse des charges sur les salaires et la chasse au
paracommercialisme des structures associatives et municipales
!
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Conclusion
:
J’ai en effet, une idée personnelle
du marché du fitness en France, que j’aime
confronter à d’autres avis pour
faire avancer ma réflexion. Il me semble
en effet que notre problématique est
double : D’abord, un environnement culturel
particulier, « les français ne
sont pas très sportifs », si l’on
en juge le pourcentage de ceux qui pratiquent
par rapport aux pays européens ou anglo-saxons…
ce que les sociologues analysent par notre héritage
judéo-chrétien qui a longtemps
rendu la corporéité taboue, et
la pensée cartésienne qui plombe
encore aujourd’hui le « physique
», au profit de « l’intellect
»…
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Ensuite
un environnement économique désastreux
: charges d’exploitation exorbitantes, TVA scandaleuse
et un pouvoir d’achat des français trop
faible, qui fait de nos cotisations les plus faibles
d’Europe…
L’exemple en PACA est significatif. Ici, plus
qu’ailleurs, l’envolée de l’immobilier
est tel, que le budget des ménages s’est
réduit depuis 5 ans. Pas mal de clubs ferment,
ou sont amenés à faire du dumping sur
leurs abonnements pour survivre… un certain temps.
Pour exemple, l’abonnement moyen sur la région
ne dépasse pas 350 € ! Otez 70 € de
TVA, il reste 280 € HT pour 12 mois de service,
et de charges diverses… autant dire du n’importe
quoi, du court terme pour eux et ça casse le
marché pour les autres !
Il nous faut une fédération forte ou un
« syndicat » qui rassemble les professionnels
pour qu’on puisse se serrer les coudes et défendre
nos intérêts, qu’elles que soient
nos divergences. C’est notre intérêt
à tous. Peut-être que des leaders médiatiques
comme Christophe ANDANSON de PLANET, ou Philippe
MASSEBEUF du SNEF et bien d’autres, pourraient
impulser le mouvement. Il serait grand temps ! |
| GYNECEE
CLUB
ZAC
Saint Estève
13360 ROQUEVAIRE
Tél./Fax : 04 42 04 58 06 |
Crédit
Photos : OLIVIER BENOIT
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