Depuis le 18 juin 2004, date d’élection
du nouveau bureau du SNEF (Vive
la forme N° 42 ), nous avons eu 3 réunions
de travail, dont deux furent consacrées au transfert
administratif lié au changement de siège,
changement de compte et autres démarches de continuité
de dossiers en cours.
La troisième, qui eut lieu le samedi 9 octobre à
LYON, était particulièrement dédiée
à l’action du SNEF.
Nous
avons abordé la mise en place de la V.A.E. (Validation
d’Acquis de l’Expérience), dans certains
CREPS ou Pôles Universitaires de la Forme, qui permettent
à certains acteurs de la profession d’accéder
à cette qualification professionnelle (Brevet d’état
des métiers de la forme, et D.E.U.S.T. des Métiers
de la forme).
Nous avons également abordé le développement
des délégations départementales et
régionales, ainsi que leur fonction de proximité.
Mais nous avons surtout constaté un réel manque
de mobilisation de la majeure partie de nos confrères.
Force est de constater que parmi les sujets évoqués,
celui qui revint en force au travers de nombreux appels
que Patrick FAUGER a pu recenser ces dernières
semaines sur la ligne du syndicat, fut la concurrence déloyale
que notre secteur subit de plus en plus, et des conséquences,
parfois dramatiques que cela génère.
Si il est bien une exclusivité Européenne,
c’est bien l’association à but non lucratif
sous le régime de la loi 1901.
Bien
que l’associatif à but non lucratif existe
chez nos voisins, le type de dérive que nous connaissons,
le soutien direct et « culturel » de certaines
institutions locales ou nationales, et le développement
« marchand » massif et avéré que
nous constatons, sont absolument spécifiques à
l’hexagone.
Il ne s’agit, en aucun cas, de remettre en question
la grande majorité des associations qui respectent
leur objet social, avec des bénévoles, très
dévoués. Le rôle social et éducatif
qu’elles jouent pour la plupart, est très important.
Nous n’avons aucun problème et même plutôt
beaucoup de complémentarité avec le vrai monde
associatif, mais la minorité qui « glisse »
vers le clientélisme commercial, honteusement et
impunément affiché, a détourné
l’objet initial en entreprise clairement lucrative.
Certains détracteurs rétorquent, que le statut
juridique de l’association loi 1901 permet ce genre
d’ « exploitation », dans la mesure où
l’objet est respecté, et que l’association
est fiscalisée (comprenez qu’elle est assujettie
aux taxes et impôts), en respectant la réglementation
professionnelle (diplômes, droit du travail, etc.)
De
qui se moque-t-on ?
Notre ministère de tutelle,
comprenez celui qui nous contrôle, pas celui qui nous
soutient, a un intitulé assez explicite : Ministère
de la jeunesse et des sports, et de la vie associative.
Il
est, de fait, difficile d’attendre de cette institution
la défense du secteur commercial, et encore moins
de s’en prendre au secteur associatif qui «
dévie » de son objet. M.J.C. , Collectivités
territoriales, gestions déléguées complaisantes,
certaines fédérations dites « affinitaires
» , des associations « sauvages » et indépendantes,
développent des services qui les rajeunissent, augmentent
leurs adhérents, pour finalement améliorer
leur rentabilité.
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Cours
collectifs dans la majorité des cas, mais aussi
musculation, cardio-training, parfois aquagym, squash,
etc. |
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Locaux
municipaux gracieusement mis à disposition, ou
loyers à prix symboliques, |
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subventions
diverses, parfois mise à disposition d’équipements
ou même d’employés municipaux, |
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publicité
gratuite dans certains bulletins municipaux, et encore
bien d’autres avantages trop longs à énumérer,
qui favorisent le secteur associatif. |
Il
y a également certains C.E. qui « ouvrent »
leurs installations au grand public (même non salarié
de l’entreprise), des clubs sportifs de l’armée
(qui « ouvrent » également), même
quelques CREPS qui vendent des abonnements ou des prestations
à une clientèle de proximité, pour
« rentabiliser » l’investissement de leurs
équipements « pédagogiques ».
Certains de nos fournisseurs de matériel et d’équipements,
ont bien compris cette dérive, et ce marché
au financement public plus facile. Ils « fournissent
» donc, sans autre état d’âme,
et ce sont parfois ces mêmes acteurs qui font des
commentaires sur le manque de professionnalisme des clubs.
Finalement notre secteur est bien « docile »,
et se laisse prendre jour après jour, sans rien faire,
des parts de marchés, ce qui risque, à termes,
de lui être fatale.
Nous payons taxes locales et impôts pour que cet argent
aille bénéficier, ici et là, au soutien
direct ou indirect d’une concurrence déloyale
!
Nos établissements sont très régulièrement
contrôlés, pour s’assurer que la clientèle
est en pleine sécurité, dans un univers en
conformité, sans complaisance, et il faut bien le
dire, avec moins d’indulgence que pour les associations
« commerciales ».
Mais
tout cela s’explique très facilement : il n’y
a personne en face !
Depuis
douze ans maintenant, il existe pourtant une organisation
qui permet aux professionnels d’être représentés,
d’être défendus, si besoin est, y compris
en se portant partie civile. Nous l’avons d’ailleurs
fait il y a sept ans contre une mairie qui développait
une concurrence déloyale, et le confrère a
gagné, mettant ainsi fin à son problème.
Nos entreprises doivent faire face à un univers de
plus en plus complexe : notre cadre légal a tendance
à se durcir, le recrutement est très difficile,
le prix des équipements a augmenté, nos marges
bénéficiaires restent faibles, et malgré
tout cela nous devrions rester les « bras ballants
» devant la montée notoire de cette concurrence
déloyale, et lui laisser penser que son développement
est légitime, voire légal !!
Patrick
FAUGET, notre secrétaire général
a reçu, ces dernières semaines, de nombreux
appels de confrères confrontés à la
concurrence déloyale, associations importantes qui
vont même jusqu’à débaucher leurs
employés...
On
aurait également pu aborder le problème de
la sécurité des piscines, des BEESAN qui sont
en nombre insuffisant, thème qui aurait du fédérer
au moins les propriétaires de bassins pour organiser
une réelle stratégie…
Chers
professionnels, vous le savez, nous avons laissé
s’ouvrir une brèche et s’installer la
concurrence déloyale dans un confort total. Ce fléau
risque d’être fatal à certains de nos
confrères à moyen terme, et sans doute à
notre développement dans l’avenir.
Notre
faiblesse vient de notre difficulté à faire
front collectivement, y compris sur le thème de la
concurrence déloyale qui touche plus de 60% des clubs
de province. Cette situation convient parfaitement à
certains acteurs qui trouvent leur intérêt
dans cette faiblesse.
En
conclusion,
l’ensemble du bureau a décidé de mettre
une priorité absolue sur la concurrence déloyale,
et de faire une procédure contre 2 ou 3 associations
ou organisations emblématiques, afin de créer
des jurisprudences très utiles à la corporation.
Nous communiquerons largement l’information, afin
que nos confrères sachent que le recours en justice
nous est favorable, ce qui devrait « calmer »
les ardeurs commerciales des structures à but non
lucratif.
Nous
avons d’ores et déjà des cas intéressants,
mais l’étude d’autres exemples sera nécessaire
pour que notre cabinet d’avocats choisisse les plus
caractéristiques.
Arrêtons
de rêver !
Moins
de 10% de notre branche professionnelle est actuellement
membre du SNEF. C’est à la
fois suffisant pour obtenir une représentativité
auprès des institutions nationales, et je tiens à
saluer les dirigeants qui ont adhéré par pur
civisme, mais cela ne permet pas de mener une action.
Nos adversaires sociaux, économiques, politiques,
ont des moyens financiers importants, qui leur permettent,
jour après jour de gagner du terrain (sur le nôtre
bien sûr !).
La bonne volonté d’une poignée de personnes
ne suffit pas dans cette quête, seules les ressources
financières des adhésions pourront nous permettre
d’être respectés et craints de nos concurrents
sectoriels, par des actions juridiques fortes et efficaces.
Aussi, si les 60% de confrères, confrontés
de près ou de loin à la concurrence déloyale,(sans
compter ceux à qui cela pourra arriver demain) adhèrent
au syndicat, il ne fait aucun doute que nous aurons les
moyens de nos ambitions et que cela mettra un terme à
la tendance commerciale et déloyale d’une partie
du secteur associatif.
Par
contre, si cette action n’est pas souhaitée
par notre corporation, et que nous ne constatons pas une
réelle mobilisation par leur adhésion significative,
alors il faudra accepter de subir le développement
commercial du secteur associatif dans son ensemble, et que
des décisions soient prises pour vous par des institutions
qui n’auront pas d’interlocuteur.
Un syndicat professionnel a la vocation de défendre
les intérêts de ses mandants, mais encore faut-il
qu’ils le souhaitent, si ce n’est pas le cas,
nous aurons à prendre les décisions de fond
qui s’imposent.
Le prochain salon professionnel en MARS 2005, auquel nous
serons présents, sera la date « butoir »
à laquelle le bureau prendra une décision
simple : continuer à défendre vos intérêts
car c’est votre souhait, ou arrêter car on ne
défend jamais un secteur à son insu !
La
balle est dans le camp des professionnels,
le choix vous appartient !
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