Jean-Paul GEDDA
Du vécu et encore plus d’avenir...
Par Philippe Goethals

Philippe Goethals : Avant de commencer cette interview, tu nous expliquais que peu de patrons de clubs avaient plus de 30 ans d'expérience comme toi. Alors, quel est ton secret ?

Jean-Paul Gedda : Il n’y a pas de secret, c’est avant tout aimer son métier, le sérieux et la rigueur. C’est respecter les clients, et prendre en considération son équipe d’encadrement, pour apporter aux uns l’envie de venir et de rester et aux autres, le plaisir du travail bien fait.

La curiosité, je me déplace souvent dans les salons en France et à l’étranger, pour sentir les tendances, les nouveautés en tous genres : matériel, cours, décoration, tout en gardant ses racines pour éviter le tout et n’importe quoi.
Je donne de mon temps au Ministère de la Jeunesse et des Sports en tant que Jury d’examen au Brevet d’Etat des Métiers de la Forme, et je participe à des groupes de travail sur le sport.
Là encore, j’apprends, car les jeunes sont un vivier d’idées.
Ensuite, il faut investir sans cesse dans la formation, le matériel, tenir son outil de travail performant et agréable.

Bien entendu, la gestion permettra de mettre en équilibre tous ces éléments.

P.G. : Raconte nous la saga de PLURIAL ?

J-P.G. : Le premier club, je l’ai créé en 1975. A l’époque, nous ne donnions que des cours de culture physique traditionnelle (cours que j’ai conservés aujourd’hui), avec des appareils de musculation fonctionnels mais bruyants et inesthétiques. Tout allait bien, et très vite est arrivée la concurrence : les grands clubs. J’ai pensé à tort que les clubs de quartier allaient disparaître. J’ai donc pratiqué la fuite en avant. Un 2ème club dans le 15ème en 1986, en 1988 dans le 19ème, en 1989 dans le 12ème, en 1990 aux Lilas et en 1991 à Evry.
Nous étions 70 salariés et je ne faisais plus le métier que j’aimais mais un autre qui n’était pas dans mon état d’esprit. J’avais également une jolie boutique de chaussures de sports dans le quartier latin, à Paris 6ème. Enfin, j’ai mis en place une circulation de la clientèle sur une quinzaine de clubs Paris et région parisienne.

J’ai perdu beaucoup d’argent, et j’ai pris la sage décision de ne garder que deux clubs à Paris 12ème et Paris 17ème et de les remettre à niveau. J’ouvre chaque matin un club, je m’entretiens, c’est un plaisir qui me permet de traverser la vie en étant bien psychologiquement et physiquement.
Cela a été riche en enseignements, cela s’appelle « l’expérience » je crois !

P.G. : Combien investis tu dans le marketing et la communication pour promouvoir tes deux clubs à Paris ?

J-P.G. : C’est la suite de la précédente question. Je vais vous surprendre, mais proche de 0 % du chiffre d’affaires. Je me suis mis sur un créneau de « club privé » car je travaille à 80 % avec une clientèle fidèle, sur parrainage et relations. Ce qui a créé une ambiance, un bien-être dans chaque établissement. Pour l’instant, cela fonctionne. A l’époque, parfois, la communication représentait 15 % du CA.

Il faut s’adapter et avoir une capacité immédiate de changer les choses s’il le faut. Rien n’est jamais acquis, tout peut arriver. C’est un dicton qui permet de rester très réactif.

P.G. : Si tu avais la possibilité de réaliser ton rêve dans le cadre de ton activité professionnelle, quel serait-il ?

J-P.G. : Je souhaiterais que le monde professionnel s’unisse pour défendre nos intérêts auprès des ministères concernés. Tous les corps de métiers sont représentés ; dans le fitness, nous faisons figure de parent pauvre.
J’ai rencontré aussi bien des PDG de grands clubs, que des propriétaires d’un seul club ; nous avons en France de bons professionnels. Il faut que nous bougions.
J’aimerais à ce sujet citer Franck KOUCHINSKY qui donne beaucoup pour le monde professionnel et un agent d’Etat, Dany BARBESA, qui depuis près de 25 ans forme nos éducateurs sportifs. Tous deux sont des passionnés et ne regardent pas leur montre.

P.G. : Es-tu un homme heureux ?

J-P.G. : Oui, je suis content de me lever le matin. Je suis optimiste, j’aime ce que je fais, j’ai la chance d’évoluer dans un milieu plein d’enthousiasme et surtout j’adore énormément mon fils de 6 ans.
La vie est sympathique avec moi, et il faut surfer sur les problèmes, relativiser et tout va bien.

P.G. : Enfin, réponds à une question que tu aurais aimé que l'on te pose ?

J-P.G. : Cette question est la suivante : Qu’est-ce que je pourrais apporter aujourd’hui aux adhérents pour qu’ils soient encore mieux, qu’ils aient la santé, la forme et la joie de vivre ?

Je voudrais finir en remerciant Philippe GOETHALS : Tu es un acteur important pour notre corporation, car l’organisation des salons nous permet de nous améliorer et de nous
rencontrer entre professionnels. Tu as mon amitié et ma considération. Merci.

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