Philippe
GOETHALS : Pourriez-vous nous retracer votre
parcours ?
Franck
KOUTCHINSKY : Je suis né en 1959 d’un
père prof de culture physique et une mère qui fut
l’une des premières enseignantes de yoga formée
en France. Ceux-ci ont créé en 1966 le Club
Montmartrois dans le 18ème arrondissement de Paris
où j’ai grandi. Après mon Bac scientifique
j’ai réussi mon Brevet d’Etat (à l’époque
le B.E.A.E.C.P.) en 1980 et j’ai intégré la
structure familiale.
Nous enchaînions
les cours tous les trois et avons bâti les bases de la renommée
de notre Club. Parallèlement, j’ai suivi une formation
approfondie de marketing en école de commerce, et nous
avons développé notre Club au rythme d’une
activité nouvelle par an. J’ai fait partie des dix
premiers profs à lancer l’aérobic sur Paris
en 1982, en même temps que Véronique et Davina. Puis
j’ai suivi la formation professionnelle à la méthode
Feldenkrais dont je suis praticien.
Au milieu
des années 80 j’ai repris la direction du Club pour
continuer son développement autour de deux axes : la diversification
des activités et le développement du matériel
de musculation et cardio training.
Ce sont les mêmes principes de base que nous appliquons
aujourd’hui associés à une grande rigueur
de gestion. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris
nous a décerné le Trophée de la Nef
d’Or (en 1996 pour fêter les 30 ans du Club).
Et nous venons de réaliser, il y a un an, une croissance
externe.
P.G.
: Justement, pour quelles raisons avez- vous ouvert,
il y a un an à Paris, un second Club.
F.K.
: L’un des Clubs de notre arrondissement
(à l’enseigne Gymnasium) a été mis
en liquidation par le Tribunal de Commerce de Paris. Nous nous
sommes portés candidat à sa reprise, en complément
de nos amis d’Espace Vit’Halles qui
postulaient pour les autres clubs de la même enseigne, et
avons été désignés par le Tribunal
de Commerce. Notre premier Club était devenu trop petit
et nous souhaitions proposer de plus larges espaces de pratique
à nos membres ainsi qu’un nouveau concept.
P.G.
: Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de l’exploitation
de ce second établissement ?
F.K.
: Nous avons eu plusieurs phases depuis la reprise.
Tout d’abord de lourds travaux ont été entrepris
pour ramener ce Club à niveau : création de deux
vestiaires séparés ainsi que des douches correspondantes,
changement complet du sauna, travaux d’hygiène et
de sécurité, agrandissement des espaces de cours
collectifs et arrivée de nouveaux équipements en
musculation et cardio-training. La visite du salon Mondial
Body Fitness devient une nécessité puisque
tous mes fournisseurs y sont exposants (merci aux organisateurs)!!!
Ensuite nous y avons transféré tous nos cours collectifs,
l’espace cours étant très lumineux.
Des aménagements
ont aussi été réalisés dans notre
Club d’origine afin de le transformer en un Club «
tout machine » sur deux niveaux ; Nous disposons d’un
superbe plateau cardio avec deux larges écrans plats qui
y diffusent des chaînes musicales : c’est un club
très tendance !!!
Les membres
de notre Club disposent donc d’un concept unique à
Paris : le choix, dans le même arrondissement (et à
moins de 500 mètres de distance) entre un Club spécialisé
(sur 500m2) en musculation et cardio-training et d’un Club
plus traditionnel (sur plus de 1000 m2). Nos inscriptions donnent
accès aux deux clubs et chacun apprécie de pouvoir
choisir. Par ces investissements très importants le premier
bilan est très encourageant, tant notre concept répond
à la demande du public.
P.G.
: Quels sont vos principaux concurrents et comment
vous situez- vous par rapport au marché parisien ?
F.K.
: Séparons les deux questions : Contrairement
à certaines idées reçues les principaux concurrents
d’un fitness club sont…
… les débitants de tabacs et les cafés ! OUI,
fumer un paquet de cigarettes par jour (ou même un demi),
ou aller « picoler » au café du coin, coûtent
deux, trois, ou quatre fois plus cher que de devenir membre d’un
Fitness Club. Alors, très franchement la vraie concurrence
est là !!!
Quant à
mes collègues du 18ème arrondissement, je les connais
tous et nous nous côtoyons régulièrement dans
un très bon climat.
Notre opération
de croissance externe nous a permis de faire rentrer notre petite
entreprise familiale parmi le Top 10 des plus importantes compagnies
de sport à Paris, sans doute entre la 6ème et la
8ème place. Si ce classement nous honore il nous impose
un indéniable devoir de réussite et de satisfaction
vis-à-vis de nos membres. C’est un challenge particulièrement
exaltant.
P.G.
: Parlez-nous du SNEISS (Syndicat
National des Exploitants d’Installations et de Services
Sportifs), organisation patronale. Décrivez-nous son positionnement
aujourd’hui et sa représentativité.
F.K.
: Notre syndicat dispose désormais d’un
nouveau conseil d’administration et d’une dynamique
nouvelle. L’ensemble de la profession s’y retrouve
pour un travail très concret et les dossiers que nous traitons
sont considérables : Gestion des différents aspects
de la politique de formation au sein de l’AFDAS, VAE, négociations
de branche professionnelle, dialogue avec les syndicats de salariés,
nouveau diplôme, etc. Notre représentativité
est totale tant au niveau des tailles des structures que de leurs
implantations. Chacun a aujourd’hui compris l’importance
de notre travail et de l’unité d’action. Par
notre bilan, nous sommes très crédibles et c’est
ce qui compte le plus.
L’aventurisme
ou les expéditions solitaires sont aussi nuisibles qu’inutiles
dans le travail syndical. C’est pourquoi le SNEISS
fonctionne d’une manière tout à fait démocratique
et notre conseil d’administration se réunit régulièrement.
Tous les types de structures y sont représentés,
ainsi qu’une grande majorité d’indépendants
et de clubs de province. Seuls les intérêts de notre
profession guident notre action et c’est ce qui fait notre
force.
P.G. : Le
SNEISS vous tient particulièrement à
cœur depuis des années alors que le milieu a du mal
à se mobiliser pour mieux se défendre.
Quel message pouvez-vous faire passer pour que les clubs adhèrent
?
F.K.
: Le message est assez simple : « Si vous
le voulez ce ne sera pas un rêve ! ».
J’entends
parfois certains collègues se plaindre de tel ou tel aspect
de notre profession, mais ceux-ci sont les premiers à ne
pas s’engager. Or un syndicat représentatif possède,
en France, de très larges prérogatives pour appuyer
les professionnels adhérents dans de nombreuses missions.
Aussi le devoir de chacun est de soutenir et d’adhérer
au SNEISS afin de développer, tous ensemble,
notre représentativité vis-à-vis de tous
nos interlocuteurs.
Citons quelques
exemples de dossiers à faire évoluer favorablement
: la baisse de la TVA, l’image de notre profession, la baisse
des taux d’accident du travail demandée par l’URSSAF
pour les éducateurs sportifs (souvent compris entre 4,5%
et 5% nous assimilant à des sportifs professionnels !),
combattre la concurrence déloyale, la nouvelle réforme
des diplômes, la gestion de nos fonds de formation, l’amélioration
de l’image de marque de notre profession, la VAE, le constant
dialogue avec les pouvoirs publics etc….
Je m’adresse
à mes collègues pour leur dire que si ces thèmes
ne les concernent pas, alors ils peuvent rester seuls. Par contre
s’ils souhaitent améliorer la situation chacun a
l’obligation de s’investir au sein du SNEISS.
P.G.
: Quel est votre appareil d’entraînement
préféré ?
F.K.
: J’adore m’entraîner sur le
rameur Concept 2, et j’espère m’inscrire au
classement français dans ma catégorie. Nos deux
clubs en sont équipés, à la plus grande satisfaction
de notre clientèle.
Crédit
Photo : FRANCK KOUTCHINSKY