LA VERITABLE REVOLUTION
DU MOVING A MELUN

Par Marcel BENOIT

 

Marcel BENOIT : Quel est votre parcours professionnel ?

Serge VANDENBOSSCHE : Après un bac comptable, j'ai géré pendant 10 ans une station service avec Sylvie mon épouse qui, à cette époque, était adhérente dans un club de fitness (l'idée de changer de métier est venue de là).

En 1991, le Gymnasium de Melun était en très mauvaise situation financière, nous l'avons repris et avons relevé le challenge.

En 1993, nous avons été les premiers franchisés à oser (le terme n'est pas trop fort) quitter la franchise Gymnasium.
En effet, les abonnements longue durée sur cinq ans et leurs méthodes de ventes n'étaient plus en adéquation avec notre philosophie du produit.

Avec le soutien de Monsieur Lionel BOURILLON, nous avons rejoint, en 1994, le réseau Moving qui comptait à l'époque, 35 clubs en France. Nous étions conscients que 80% de nos membres abandonnent dès la première année le club (malgré nos efforts de mise en place d'un suivi en salle, des relances pour les non-fréquentants, d'amélioration des locaux, d'innovation des produits, etc.). Le taux de réabonnement restait insuffisant.

En 1997 : nous lancions un tout nouveau produit, préconisé par MOVING, le cours collectif pré-chorégraphié : le PUMP importé de Nouvelle Zélande.

Nous avons été tout de suite 'bluffés' par le succès remporté par ce cours collectif de l'autre bout du monde, cela nous a convaincu de lancer ce produit et d'investir dans la formation continue. C'était pour l'époque, une véritable révolution mais je n'avais pas compris l'avancée technique du produit, néanmoins j'étais un des premiers à le pratiquer; je suis pour la théorie des 3 T (Tester Tester et re-Tester)

M.B. : Pourquoi dites-vous que vous n'aviez pas compris les + produits ?

S.V. : Parce que nous étions tous persuadés que, si les cours en Nouvelle-Zélande avaient un tel succès, c'est parce que les Anglo-Saxons ont une culture sportive, contrairement aux français.
Et que c'était pour cela qu'en France ils sont aussi nombreux à abandonner les clubs de fitness au bout de quelques mois.

M.B. : Aujourd'hui vous ne dites plus que les français ne sont pas sportifs ?

S.V. : Surtout pas….et je ne supporte plus de l'entendre dire. Je n'ai qu'une religion : les mathématiques !!
Je suis capable de me remettre en question et les chiffres parlent d'eux-mêmes.
La France, grâce à son tissu associatif unique en Europe avec « le sport pour tous », n'a rien à envier à nos voisins européens.
A Melun, 18% de la population fait un sport dans 1 des 36 structures associatives et pour seulement 33000 habitants. Il n'y a pas plus d'activités sportives à l'école en Angleterre qu'en France.

Il n'y a pas moins d'installations sportives (terrain de foot, gymnase, terrain de tennis etc.) en France que chez nos voisins Européens.
L'investissement de l'INSEP en France est, de loin, supérieur à son homologue anglais qui n'existait même pas il y a encore quelques années.

Alors arrêtons de se trouver des excuses et de dire que nous sommes différents avec une culture différente des autres pays, la mondialisation touche également le fitness… Nous ne sommes pas des non-sportifs, arrêtons de le croire, cela nous empêche de nous remettre en cause.

M.B. : Quand est venue la révolution que vous avez entreprise à Melun ?

S.V. : Début 2002 le fitness était en crise. Nous avons avec mon épouse Sylvie, décidé qu'il fallait sortir du club, voir autre chose, rencontrer Phillip MILLS en Nouvelle Zélande et comprendre le succès des cours pré-chorégraphiés.
Après 24 H de vol pour rejoindre Auckland, nous sommes arrivés à l'autre bout du monde et avons découvert une industrie du fitness structurée, étudiée et avec un impressionnant professionnalisme.

Et là, à notre grande surprise le programme N° 1 en Nouvelle-Zélande (et également aux USA) devant les cours collectifs était : le personal training avec quelques chiffres pharaoniques comme 89 % des clients font appel aux services d'un coach dans leurs clubs.
222 PT (personal training) pour 8 clubs dont 65 pour le club d'Auckland.
1 PT pour 160 membres et un objectif à court terme d'un PT pour 100 membres.
30 % du chiffre d'affaires sont générés par les loyers que versent les PT aux clubs.
Deux axes de profit bien distinct.

1. La rentabilité du fitness avec des produits pré-chorégraphiés avec évaluation et mesure du nombre de personnes par créneau horaire + travail sur la salle podium, musique, décoration lumière ( comme au théâtre tout est répété et doit être parfait)

2. Le personal training c'est-à-dire la rentabilité de l'espace cardio et musculation (6 mois de formation en anatomie technique nutrition physio rééducation programmes d'entraînement) et par la suite 3 formations par an.
Tout cela n'est pas arrivé parce que les Néo-Zélandais sont différents ou parce qu'ils sont plus sportifs que nous les Français. Il y a 20 ans à Auckland, il y avait 30 personnes aux cours collectifs et les personal trainers étaient inexistants, comme en France en 2002 !

Pillip Mills nous a expliqué que les Français ont beaucoup d'idées, mais à la première petite difficulté, ils abandonnent contrairement aux Néo-Zélandais qui sont partis véritablement en croisade.
Les PT ont été développés en Nouvelle Zélande, en Angleterre et aux USA pour éviter le désabonnement des clients dont ils étaient aussi victimes ; en fait, pour faire fréquenter les membres, ne pas oublier qu'un membre qui ne fréquente pas ne se réabonne pas

M.B. : Qu'avez-vous donc entrepris à votre retour à Melun ?

S.V. : Pour le fitness : podium, sonorisation, éclairage, formation continue, nouveaux produits pré-chorégraphiés et relances trimestrielles et surtout mesurer pour mieux manager.
Et nous sommes partis en croisade pour mettre en place le PT, qui était préconisé et promu par la nouvelle direction de notre groupe, qui venait en Eté 2002, de reprendre la marque MOVING, (sans cette phrase en tête, je suis persuadé que j'aurais déjà abandonné à la première difficulté rencontrée)

M.B. : Quelle fut cette première difficulté ?

S.V. : Trouver la personne qui pourrait nous aider sur le plan formation / organisation et surtout convaincre l'équipe et moi-même, qu'on pouvait vendre des cours particuliers d'une heure à 50e non compris dans l'abonnement au club.
Tout d'abord, j'ai voulu en savoir plus et ai acheté 4 cours particuliers pour moi-même, sachant que je ne trouvais aucune satisfaction personnelle à m'entraîner dans un club (un comble !).
A la fin de la première heure de cours, j'ai vécu une véritable expérience et étais convaincu que, si j'étais ravi, mes clients le seraient aussi.

J'ai commencé à travailler avec David HURST, à la convention MOVING de l'Hiver 2002, qui lors de son arrivée en France, dans les années 90, a été surpris de constater qu'il n'y avait pas de PT dans les clubs parisiens. « où sont les coach ? » Certains gérants de salle de l'époque, lui avaient expliqué que 5 minutes avec chaque membre c'était suffisant ! et que de toute façon, c'était invendable !
Restait la question : ' mes clients seront-ils d'accord de payer une prestation en plus de leur abonnement ?'

La réponse de David HURST m'a ouvert les yeux : A la montagne, tu trouves normal de prendre un moniteur de ski en plus de ton forfait remontées mécaniques ? Au tennis, tu trouves normal de payer un cours particulier en plus de la location du terrain ? Et nous sommes d'accord que tout cela se passe en France ? Cela vient uniquement du discours commercial lors de l'inscription.

Rendez-vous fut pris pour mettre en place les 4 modules de formation avec l'équipe à Melun

o Le module 1 est la mise en place du personal training dans un club de remise en forme, plus précisément comment le structurer, car l'organisation prime sur l'action. Donner un intérêt financier à chacun, promouvoir ce nouveau service, cette nouvelle méthode d'entraînement, pour que managers, commerciaux et professeurs tirent dans le même sens.


De G à D. :
J. Mellet (Championne de France fitness 2005)
J.C. Mellet : 2 coachs - S. Vandenbossche
D. Hurst (Coach et formateur national)

Contrairement à ceux que l'on peut penser, le PT à domicile ne représente que 6% du marché tandis que le PT en club explose avec une croissance de plus de 30% depuis 4 ans.

Tous les professionnels du fitness doivent comprendre l'intérêt en matière de fidélisation, de fréquentation, de nouveaux adhérents ce qu'apporte le PT, sans compter les ventes supplémentaires, revenu additionnel généré par les loyers des coachs, diminution de la masse salariale avec beaucoup de services.
Expliquer que les managers gagnent plus, que les commerciaux gagnent plus, que les profs gagnent plus, que les clients sont plus satisfaits et font donc un bouche à oreille positif. Les profs sont beaucoup plus nombreux et moins fatigués que par trop de cours collectifs. Les remplacements de profs manquants sont plus faciles.


o Les modules 2 - 3 - 4 détaillent le contenu technique d'un cours d'une heure avec un PT. Un cours particulier de personal training n'a rien à voir avec ce que faisaient les profs dans le club auparavant. Il fallait rendre les nouveaux clients autonomes rapidement en faisant et en montrant les exercices d'un programme presque identique à tout le monde.

Avec le Personal training, c'est tout le contraire. Il faut rendre le client demandeur de l'envie de continuer avec son coach et qu'il vive une réelle expérience pendant chaque séance, toujours différente pour éviter la lassitude (ex la série unique permet de rentabiliser l'heure investie du client, temps, argent, efforts, et résultats obtenus).

Cette technique permet de mieux rentabiliser l'espace cardio musculation en permettant plus de passage sur un temps plus court. Le coach ne pardonne rien, voit tout et est désespérément en forme. Son œil surveille, sa voix dirige, son geste montre. Il aime les mouvements parfaits pour des résultats rapides et garantis.

M.B. : Après ces deux journées de formation, que s'est-il passé ?

S.V. : Nous avons fêté le premier contrat… Tout ce que David HURST avait expliqué venait de se réaliser, tout devenait possible et le virage à 360° venait
d'être engager.

M.B. : Pourquoi parlez-vous d'un virage à 360° M Vandenbossche ?

S.V. : Parce que la véritable révolution, c'est que les clients signent un contrat et règlent la prestation directement au PT et non au club et c'est un loyer qui est reversé au club par le coach.

M.B. : Pourquoi le client ne règle pas directement au club, pour générer du chiffre d'affaires supplémentaire ?

S.V. : Parce que depuis des années, on tente de vendre des prestations supplémentaires pour augmenter le panier moyen et faire plus de C.A.

Mais ce sont des promesses qui ne sont pas tenues à cause de main d'oeuvre insuffisante et pas suffisamment motivée. Maintenant c'est le contraire, le professeur de PT est un chef d'entreprise qui va s'efforcer de développer, fidéliser ses propres clients et aussi, nos clients qu'il va fréquenter. Le discours commercial est enfin en adéquation avec la promesse. Dès qu'un coach est complet on peut augmenter l'effectif et ainsi de suite.


Tableau d’informations
M.B. : C'est quoi COACH PARTNER à Melun ?

S.V. : C'est le concept personal trainer développé par le groupe HEBE pour ses clubs depuis 2004, avec tous les outils nécessaires (galerie des coachs, carte de visite, fiche signalétique, dépliant, formation, et la nouvelle méthode d'entraînement) pour des résultats 3 fois plus rapides. Cette formation technique est orchestrée par David HURST, qui depuis mars 2004 a intégré notre club et qui est devenu site de Pilotage du Groupe.
La méthode coach partner DAVID HURST est composée de 3 DVD pour la mise en place du personal training dans un club, une formation continue et un contrôle de qualité afin de pérenniser le développement du personal training à long terme.

M.B. : Que répondez-vous à vos clients sur la suppression des profs en salle ?

S.V. : Le coach ne fait pas le même travail qu'un prof sur le plateau, c'est un service supplémentaire, il y a 2 niveaux de suivi dans le club.

1. Le professeur de permanence : 2 heures par jour pour des conseils ponctuels sans rendez-vous.

2. Le COACH PARTNER : nouveau service, nouvelle méthode d'entraînement, résultat, motivation, plaisir, sécurité, compétence garantie. Sur rendez-vous, le coach ne s'occupe que d'un client à la fois ! Le client est content, parraine, fréquente et donc se réabonne.

M.B. : Que pensent les clients qui sont suivis par un coach ?

S.V. : La phrase qui revient le plus souvent c'est « si j'avais pas pris un coach j'aurais déjà arrêté de venir au club » et c'est toute la force du Personal training.

Plus fort encore, une cliente m'a confié « je n'aimais pas les clubs de remise en forme, je viens uniquement pour mon coach, c'est mon mari qui m'avait obligée à m'inscrire » la fréquence moyenne pour les adhérents suivis par un coach est d'une fois par semaine.

M.B. : Alors que souhaitez-vous pour l'avenir des clubs en France ?

S.V. : Travailler à l'amélioration du produit. Se mettre à la place d'un client dans son propre club et faire l'expérience d'un cours particulier d'une heure avec un vrai coach et de comprendre pourquoi le client ne vient plus. Arrêter de croire que le marketing et les cadeaux, font faire fréquenter le client et que les relances téléphoniques vont faire qu'ils n'abandonnent pas.

Il est temps que la France du Fitness se remette en cause et cesse de penser que nous sommes une exception ! Ce qui marche chez nos voisins, marche chez nous. Si nous le faisons avec méthode et rigueur.

CLUB MOVING MELUN
10, Rue Camille Flammarion
77000 MELUN
Tél. : 01 64 09 15 00
Fax : 01 64 38 97 04

Crédit Photos : GROUPE HEBE – MOVING