Ancien
de Nike, le Belge Patrick Van den Bosch, 43 ans, a été
nommé Directeur Général de Reebok France
à la fin de l’année dernière.
Il remplace le Français Stéphane Grimault,
qui a quitté le groupe « pour donner une nouvelle
orientation à sa carrière professionnelle
». Entré en 1987 chez Reebok, Stéphane
Grimault avait successivement occupé les postes de
Directeur des ventes, puis Directeur commercial France et
comptes internationaux. De son côté, avant
de rejoindre l'équipementier américain, Patrick
Van den Bosch a occupé différentes fonctions
chez Nike : d'abord pendant 5 ans aux postes de sports marketing,
brand marketing et sales manager pour le Benelux, puis pendant
3 ans à la tête de Nike Pays-Bas. Depuis juillet
2003 il avait rejoint Reebok Europe pour exercer la fonction
de Directeur Général pour les distributeurs
en Europe, Moyen-Orient et Afrique. Après avoir tracé
les contours de ses missions, il en dévoile aujourd'hui
les grandes lignes. |
Pascal
Turbil : Comment s'organisent vos nouvelles
fonctions au sein de la marque ?
P.VDB
: Patrick Van Den Bosch : J'ai pris mes fonctions
de Directeur général au sein de Reebok France
le 22 novembre 2004, mais j'évolue au sein du groupe depuis
déjà 2 ans (juillet 2003). C'est donc davantage
un ajustement de la fonction qu'une réelle découverte.
P.T.
: Considérez-vous votre nomination comme
une suite logique au sein du groupe ?
P.VDB. :
Non. En tout cas pas si vite car, il n'était pas prévu
que je devienne Directeur Général tout de suite.
Je faisais un travail intéressant auprès des distributeurs,
en Europe, mais aussi au Moyen-Orient et en Afrique, mais l'opportunité
et la nécessité de renouveler l'esprit de la marque
en France ont accéléré les choses. Il est
vrai que dans plusieurs domaines, la France avait accumulé
du retard.
P.T.
: Quelle différence avec votre précédent
poste chez Nike ? (fonctionnement, culture d'entreprise, méthodes
de travail, etc.)
P.VDB.
: Il est vrai que les postes se ressemblent, à
la différence que Reebok France est plus
important en taille que Nike Hollande. Pour le reste, on retrouve
les mêmes problématiques, avec les priorités
de la marque.
Chez Nike, il y a quelques années, c'était le foot…
Aujourd'hui, chez Reebok il faut trouver la ligne
directrice, C'est toujours le plus difficile. Cela passe, pour
Reebok, par un rajeunissement de l'image, via
des personnalités issues de la musique et du sport qui
reflètent et véhiculent les valeurs de la marque.
P.T.
: Justement, après ces six mois de prise
de contact avec votre poste, quels grands chantiers vous semblent
les plus urgents ?
P.VDB.
: Dans cet esprit de représentativité
de la marque, il faut trouver des partenaires (grands sportifs).
La difficulté est toujours de respecter l'équilibre
entre la part de sport, d' « entertainement » et de
technologie. C'est un savant dosage très délicat
à réaliser, avec les valeurs du sport, de la musique,
du cinéma, etc. Dans cet esprit, la marque s'est arrêtée
sur deux axes majeurs : la campagne de publicité «
I am what i am » et le running.
Le premier
pour parler aux jeunes. Le second pour l'image de technicien dans
une discipline de base, la mère de tous les sports : la
course à pied. L'effort de la marque est considérable
puisque Reebok a triplé son budget de communication pour
marquer ce nouveau départ. Au strict plan national, je
suis heureux d'avoir signé avec le Marathon de Paris.
P.T.
: Comment se situe le département «
fitness » dans l'ensemble de la marque Reebok, y compris
au plan de la communication ?
P.VDB.
: Soyons très honnêtes, le fitness
ne représente qu'entre un et deux pour cent du marché
de la distribution du sport en France. IL ne faut donc pas s'attendre
à des envolées en termes de communication et d'investissements.
Néanmoins,
c'est important pour l'image et notamment auprès des femmes.
C'est pourquoi nous restons attentifs à ce petit marché.
P.T.
: Le monde de la forme en général
(fitness, musculation, cardio-training, matériel, textile…)
peut donc s'attendre à quelques nouveautés de la
part la marque.
P.VDB.
: Nous conservons une cellule de développement
dans ce secteur. Vous avez récemment vu apparaître
le Deck, soyez certains qu'il y a d'autres appareils de ce type
en préparation.
Le milieu de la forme et du fitness va très vite et nous
sommes contraints d'être très réactifs. C'est
également valable sur le plan du textile et des chaussures.
P.T.
: Comment sont distribuées les cartes des
grandes marques d'équipements et textiles de sport et où
se place Reebok ?
P.VDB.
: Selon les chiffres nous sommes troisième
ou quatrième. Les deux premiers sont Adidas et Nike, après
il y a une lutte farouche entre Puma et Reebok.
L'objectif est évidemment de progresser.
P.T.
: Où se situent les petites marques de
type « Airness », influent-elles sur le marché
?
P.VDB.
: Ces marques nous « embêtent ».
Elles sont agressives sur une discipline. Mais elles nous obligent
à rester vigilants. Nous travaillons sans cesse le design,
la performance et le message. C'est dans cet esprit d'efficacité
que nous réunissons les sites de production textile/chaussures
en un même lieu un centre de « réflexion »
situé à Bolton. Nous nous devons désormais
être réactifs.
P.T.
: Vous êtes-vous fixé un ou plusieurs
objectifs personnels en tant que Directeur Général
de la marque ?
P.VDB.
: Reebok bénéficie
d'un fort potentiel de marque à l'échelle internationale
et européenne et le marché français représente
une grande opportunité de réussite pour Reebok.
Pour gagner ce pari, il faut renforcer notre propre organisation,
les postes-clés et analyser notre façon de travailler.
C'est au regard
de tout cela que nous avons fermé le centrer textile de
Buc, pour l'associer au centre de recherches de Bolton. Il nous
faut également améliorer notre service clients et
renforcer nos équipes de vente. A ce propos, nos représentants
ne fonctionneront plus par mono produit sur un grand secteur,
mais au contraire, avec tout le catalogue dans un secteur plus
réduit afin de renforcer le lien avec les clients.
Quoiqu'il en soit les objectifs de la marque au plan mondial sont
clairs : doubler le chiffre d'affaires d'ici à 2009. Il
faudra donc que je le réalise en France.
P.T.
: C'est un objectif réaliste ?
P.VDB.
: Tout à fait. Reebok
a de la marge. En Europe, le chiffre de la marque n'est «
que » de 15 %. On peut et on doit faire mieux.
P.T.
: Quel message voudriez-vous adresser à
vos partenaires et clients ?
P.VDB.
: Je dirai simplement patience et confiance. Je
sais que Reebok n'a pas été très
actif ces trois dernières années.
Nous en avons
conscience et nous repartons avec de nouveaux objectifs et nous
en constatons déjà les premiers effets. L'an dernier
nous étions encore en perte. Cette année nous avons
stabilisé le chiffre. Il ne reste plus qu'à progresser
dès l'an prochain. D'ailleurs je n'attendrai pas 2009 pour
doubler le CA en France.
Crédit
Photo : REEBOK